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Les questions, les réponses...
Perso | 27.04.2016 - 20 h 09 | 2 COMMENTAIRES
Hystérectomie, CEC, droits et « choix »

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Nouveautés concernant mon parcours.

Il y a 2 mois environ (à savoir que je n’ai aucune notion du temps, donc bon) j’ai parlé avec un ami ayant un parcours trans masculin qui a eu une consultation chez une gynéco pour son hystérectomie. Il m’a parlé de ce rendez-vous comme étant safe. La gynécologue opère les personnes trans masculine, sans exiger d’elleux une mammectomie avant. Juste attestation psy et lettre d’un généraliste (cette dernière information à confirmer) (Pour ce qui est du temps d’hormonothérapie, je ne sais pas)

Je me réjouis d’avoir enfin une adresse confirmée. L’ami se fait opérer un mois après ledit rendez-vous. Il est content des services médicaux.

Je demande à Damia de téléphoner afin d’avoir plus d’informations.
Je me rends compte que c’est une très bonne chose de l’avoir dans son carnet d’adresse : Elle s’adapte à ses patient.e.s pour faire tel type d’opération (hystérectomie total, sub-totale, radicale, ovarectomie, etc.)

Je contacte un ami qui veut faire son hystérectomie avant la mammectomie, car plus urgent pour lui. On se met d’accord pour voir quand prendre rendez-vous pour y aller ensemble. Je suis content.e, ça avance un peu.

 

Et je réfléchis.
Pourquoi je fais cette opération ?
Pour quoi et pourquoi ?Quel est le but de cette opération ?
Est-ce que c’est comme la mammectomie ?
Est-ce que j’en ai besoin, je la veux ?

Cette fois, ça ne se présente pas comme pour la mammectomie. Je ne suis pas enjoué.e de faire l’opération. Je suis enjoué.e de savoir qu’il y a une bon praticienne dans le coin, mais subir l’intervention (subir, et non pas bénéficier) mouaif bof.

Je réfléchis. J’ai pas envie de m’embêter d’une opération qui va me couter de l’énergie, du temps de rétablissement pour modifier une lettre sur mon État-Civil.

J’envoie donc ce matin un message à ledit ami pour l’informer que je ne suis pas intéressé.e par cette opération.

Être stérile pour changer une lettre.
Être stérile pour être reconnu.e comme étant toi.
Je ne compte pas porter d’enfant, aujourd’hui. Je ne veux pas d’enfant, mais je ne veux pas être opéré.e pour faire bonne figure devant des juges « Regardez, j’ai plus d’utérus, je suis un homme ! »
Déjà, j’ai pas de genre, donc pour faire reconnaître ça, grattez-vous.
Mise à part cette histoire de non-binarité, ça va me changer quoi ?
J’ai peur de cette opération, car je ne la veux pas.

Je ne veux pas obéir à un État transphobe et eugéniste.
Demander la stérilisation des personnes trans pour leur accorder des papiers conformes, c’est du chantage.
« Prouvez-nous que vous ne pouvez pas vous reproduire, sous-humains, et on vous donne vos papiers sous réserve que votre tronche nous revient »

 

Après, vous me direz « Mais tu peux essayer d’obtenir ton CEC sans cette opération, non ? Il y a des villes où ça a fonctionné »
Ah oui, je pourrais. Mais j’ai 2 bonnes raisons de pas vouloir faire ça

Premièrement, c’est long, c’est chiant, c’est cissexiste, et on va étudier un dossier que j’aurais monté pour savoir si je suis bien un mec. Sauf qu’ils auront beau chercher, rien en apparence ne prouve que je suis un mec : on s’adresse à moi encore au féminin, je me laisse pousser les cheveux, je ne veux pas me muscler, je déteste la bière et le foot, et, drame, j’adore les robes, le maquillage et le rose.

Deuxièmement, j’ai une seule lettre d’une proche qui atteste de mon genre masculin. En général, il en faut 3 ou 4.
Des personnes moins proches m’ont proposées de m’en faire, malheureusement, on atteste sur l’honneur et c’est vraiment les personnes proches qui peuvent le faire. J’ai refusé leur proposition, très touchante, mais je ne veux pas non plus les faire mentir à l’État. Et je ne peux pas demander à des personnes trans proches de moi de m’en faire car on doit attester avec la civilité légale. Hors de question qu’elles attestent avec une identité imposée.Merci à elleux pour leur propostion, et merci à mon amie qui m’a fait l’attestation.

Cela dit, je ne renonce pas totalement au CEC.

Quand il sera libre et gratuit sur simple déclaration en mairie.

C’est un « choix » que de ne pas vouloir être insulté.e et humilié.é devant des juges, et de continuer à subir un État-civil non-conforme.

 

Ami.e.s des associations LGBT+, créateurs.trices des affichent des marches des fiertés :

Ce n’est pas une gay pride, ce n’est pas la fête foraine.
Le mot d’ordre n’est pas « Droit des trans » gribouillé vite fait sur une belle affiche.

Le mot d’ordre, c’est « Changement d’État-Civil libre et gratuit pour les personnes trans »

C’est pas plus long pour vous faire chier, c’est juste : 1) Détaillé (« droit des trans » c’est quoi ? Quel.s droit.s ? Pourquoi ? Dans quel but ?) et 2) Respectueux (on n’est pas « des trans » mais « des personnes trans », « trans » est un adjectif)

 

 


 

Point voc :

CEC : Changement d’État-Civil, procédure actuellement longue et coûteuse qui permet, à terme, si positive, de pouvoir changer l’ensemble de tous les papiers administratifs selon « l’identité d’usage » comme étant « l’identité légale ».

Hystérectomie : Opération chirurgicale impliquant le retrait de l’utérus, et-ou du col de l’utérus.

Ovarectomie : Opération chirurgicale impliquant le retrait des ovaires.

Eugénisme : Application forcée de la théorie de l’évolution. Ne pas aider des personnes supposées faibles, des personnes ne faisant pas partie d’une élite. Les empêcher de se reproduire. (ex : stérilisation forcée des personnes trans et handicapées)

 

S’il y d’autres mots à préciser, à définir ou un contexte à éclaircir, vous pouvez m’en faire part par commentaire.

Perso | 31.03.2016 - 10 h 37 | 0 COMMENTAIRES
Aujourd’hui c’est le TDoV. 31.03.2016

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Aujourd’hui, c’est la journée internationale de la visibilité trans.
Aujourd’hui, malgré cette journée, personne ne parlera de nous aux infos.
Personne ne va parler de nous et il n’y aura pas de publicités marketing sur notre dos chez Auchan, Carrefour ou Leclerc.

Aujourd’hui, nous serons peut-être visibles sur Twitter, pas plus loin que la sphère militante.
Sur Yagg aussi, visibilité aidée par les quelques cis qui râleront dans mes commentaires pour dire qu’on parle encore de nous.
Sur Facebook, pas plus loin que dans le cercle d’ami.e.s et des translovers.
Sur d’autres réseaux sociaux peut-être, entre concerné.e.s, sur YouTube, peut-être et encore.

Aujourd’hui, en France, et sûrement ailleurs, en ce jour de visibilité trans nous allons rester invisibles.

Nous avons été invisibles pour le TDoR (journée du souvenirs trans, le 20 novembre dernier et chaque année en Novembre)

Nous sommes invisibles tout le temps, sauf…

Quand ça arrange les parents pour nous invalider
« Regarde ce trans qui s’est suicidé parce qu’il était pas une femme en fait »
Ou encore
« Regarde, elle est morte car elle était trans »

Quand c’est pour se moquer de nous
« J’ai vu cette vidéo buzz où un mec se réveille à côté d’une transsexuelle, il a trop flippé ! »

Quand c’est pour nous agresser, nous insulter, et pire encore
« Punaise, mais t’as vu l’travelo qui vient de passer ? Viens, on lui fait pas la peau ! »
« Hey, toi, t’es un homme ou une femme ? »
« T’es opérée ? Tu t’es faite couper la bite ? Pfrrrr »

Quand c’est pour nous fétichiser
« Tiens, je me ferais bien prendre par une transsexuelle ! »

Et les mecs trans ? Pas d’exemple avec les mecs trans ?
Non.
Premièrement, aux yeux des gens et de la société, nous sommes invisibles. Même s’il paraît que nous sommes de plus en plus connus.
Deuxièmement, nous ne sommes pas cette catégorie qui s’en prend le plus plein la gueule.
Chanceux ? Je sais pas. Et je ne sais pas pour combien de temps encore.

Aujourd’hui, c’est le TDoV et je parle de violence, de transphobie, d’invisibilité.
Parce qu’on en parle jamais.

Enfin, si en novembre de chaque année, où il y a un compte rendu de combien de personnes trans sont mortes assassinées depuis le début de l’année.
Pourtant, nous existons tous les jours.
La violence aussi.

Je parle aussi de cette violence qu’a vécu Damia.

Peu après le TDoV, l’an dernier.
Pour ce jour, elle avait posté une photo d’elle en sous-vêtement sexy sur Facebook.
C’est son corps, c’est son droit, c’est son espace. Personne ne doit la contredire ou lui faire des remarques.

Plus tard, environ 2-3 mois après, il y a eu un débat sur un site qui a publié un article transphobe. Damia est allée commenter, et un mec est venu commenter ceci :

aa0DHlZS

Damia a publié la screencapture sur son Facebook, en dénonçant sa transphobie.
Puis, une « amie », une fille de l’association où nous étions (donc dans la sphère lGb(t)) lui a posté ça :

rL-zfwxF

La violence de ses paroles est terrible.
Elle parle sans savoir ce que c’est qu’être trans.
Elle sous-entend que Damia n’est pas une vraie fille, parce que trans.
Mise à part son paternalisme, si Damia ne cherche pas de boulot, c’est par fainéantise.
Non.
Chercher du travail avec des papiers non-conformes à son identité, c’est se mettre en danger.
Certaines personnes le font, d’autres non.
Ce n’est pas une questions de courage ou volonté.
C’est individuel.
Ce que je dénonce ?
Tout.

L’invisibilité des personnes trans dans la société, au sein même des asso LGBT.
L’invisibilité physique et abstraite des personnes trans.
Quand on sait qu’elles sont là, on les ignore, on les efface, car elles sont « trop compliquées » et on ne cherche pas non plus à savoir comment faire.

Aujourd’hui c’est le TDoV, pour les personnes trans hormonées, opérées ou non.
Pour les majeur.e.s.

On oublie trop souvent nos plus jeunes frangin.e.s de 4, 8, 10, 14, ou 16 ans qui sont obligé.e.s, pour celleux qui savent déjà, de ne rien dire, se cacher, s’enfouir dans un placard très étroit, pour se protéger.
On oublie nos ami.e.s qui ont choisi (ou non) de ne faire aucune opération et/ou de ne prendre aucun THS.
Qui sont invisibles car pas out, ou sans cesse invalidé.e.s (« pas de THS, pas trans »)
On oublie les personnes non-binaires qui se battent pour rester en-dehors des cases binaires.
On oublie ces personnes, enfants, adolescents, adultes, âgées, qui ne savent qui elles sont réellement faute de visibilité trans, faute de repères.
On oublie les personnes trans racisées, celles qui en bavent le plus.
Les personnes trans et handicapées.
Les personnes trans SDF.

Aujourd’hui c’est le TDoV
Aujourd’hui, soyez visibles si vous le pouvez, si vous le voulez.
Aujourd’hui, c’est le moment d’aider une personne à se découvrir, d’aider un personne à sortir de l’isolement.
Aujourd’hui, soyons fier.ère.s de qui nous sommes. D’être arrivé.e.s à combattre mal-être, médecins, transphobie et d’être là pour le clamer.

Soyons nous, et faites fermer leur gueule aux cis qui ont toutes l’année pour être visibles partout, tout le temps et râler contre nos existences.
Luttons contre la SoFECT qui se sert de nous pour se faire du fric et se permet de choisir si on est capable ou non, si on est assez trans ou non pour accéder à ce dont on a besoin.
Soyons solidaires, serrons-nous VRAIMENT les coudes pour nous aider, conseiller quand on le peut.
Oublions nos débats futiles qui nous divisent.
Il est temps de se réveiller et d’arrêter de se faire bouffer et marcher dessus.

Aujourd’hui c’est le TDoV, je suis là, bien vivant, j’existe et je ne suis pas seul.

 

 

 

Perso | 19.07.2015 - 17 h 14 | 1 COMMENTAIRES
Un Test Transphobe Pour Savoir Si T’es Transphobe

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Il y a pas dix minutes, je viens d’ouvrir la page de Yagg, en parcourant les rubriques, nouveautés et oh ! je vois un article qui contient un test pour savoir si on est transphobe !

Alors je me lance, afin de voir un peu ce que le test dit !

Voici le lien : TEST

 

Et je vais donc commenter les questions ici

 

123

La première question « Pour vous, qu’est ce qu’une femme trans ? »

La question, ça va, pas trop mal formulée, simple.

Les réponse en revanche, j’en ai trouvé aucune qui correspond à la définition de « femme trans » !
Pourquoi ?

Mise à part les deux premières qui sont totalement fausses, les deux dernières ne sont pas mieux
les deux dernières ne sont pas terribles non plus

Une personne trans n’est pas forcément opérée, une personne trans ne se définit pas toujours comme trans
Je pense à des ami.e.s et moi-même qui nous identifions homme/femme (pour ne parler que des binaires) avant « trans », et certaines personnes refusent l’étiquette « trans », aussi.

 

Question 2 :

Étonnamment, j’arrive à trouver une réponse qui correspond bien.

 

Question 3 :

Pareil que pour la précédente, on peut trouver une réponse adéquate

 

 

45678910

Question 4 :

Elle m’a passablement énervé. La réponse est dirigée, on voit directement laquelle « il faut répondre » en dépit de ce que penser la personne qui répond à ce test. Même ignorant, vous saurez forcément quoi répondre.

 

Question 5, 6, 7 et 8 :

Elles sont correctes, la 5 reste facilement identifiable, mais les 6, 7 et 8 laissent place à la réflexion, enfin !

 

Question 9 :

« Les trans » —-> Nope. On est pas des trans. Nous sommes des êtres humains et n’aimons pas être réduits à l’état de « trans ».
Les réponses sont beaucoup dirigées.

 

Question 10 :

Je note l’effort de vouloir montrer la non-binarité. En revanche, les réponses, ce n’est pas du tout ça.
Une personne non-binaire n’est pas « une personne ni homme ni femme » mais une personne qui peut s’identifier comme n’appartenant à aucun genre (agenre), à plusieurs genres, comme étant non-binaire et rien d’autres, fluides, etc. Il y a autant de non-binarité que de personne non-binaire, et les réduire à « ni homme ni femme » est assez transphobe, enbyphobe (enby = N-B = non-binaire)

 

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Question 11 :

La question est un peu chaotiquement formulée, mais on comprend où ça veut en venir.

Les réponses sont pour ma part toutes fausses. Celle qui semble être la bonne réponse est dirigées, une fois de plus, et ça laisse un sentiment de « peut-être »

 

Question 12 :

Rien à dire sur cette question et les réponses.

 

Question 13 :

Je ne vois pas en quoi le fait de connaître une personne trans dans notre entourage à un quelconque rapport avec la transphobie.
Qui vous dit que vous avez un ou plusieurs ami.e.s trans sans que vous le sachiez ?Ce n’est pas écrit sur le front, et iels vont pas le crier sur tous les toits !

 

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Question 14 :

Très maladroitement posée, la question, mais ça dénonce au moins ce qu’on aimerait voir disparaître, comme questions à notre égard.
Demander le prénom et pronom, c’est la meilleure réponse parmi ce qui nous est proposé. Mais sinon « Bonjour, comment ça va ? » me semble très très correct pour une première approche.

 

Question 15 :

Rien à dire en particulier. C’est cool d’inclure les pronoms neutres. La question est quand même dirigée, mais ça passe, pour le coup.

 

Question 16 :

Pour moi, la question est très intéressante
Mais AUCUNE réponse n’est correcte. Même si la personne est okay pour qu’on en parle, qui dit qu’elle n’a pas eu de pression ou qu’elle n’a pas osé dire non ?
Tout ramener aux organes génitaux, la transformation est encore du freak-show, et honnêtement, il y a des sujets bien plus intéressantes sur la transidentité que l’opération de réassignation sexuelle ou les transformations physiques, l’ancien prénom, une ancienne photo, etc.

 

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Question 17 et 18 :

On est d’accord.

 

Question 19 :

C’est beaucoup plus compliqué que ça. Entre ce qu’on dit et ce qu’on fait, la différence est énorme. De plus le cheminement pour arriver à une éventuelle acceptation est parfois long. Très long…

 

20 21 22

Question 20 :

Euh, vachement, vachement dirigé là. « Comprenez vous que l’on puisse détester les personnes trans? »
Évidemment on va répondre oui et passer pour un gros transphobe.

 

Question 21 :

Je n’ai pas entendu parler de ceci, mais ça me semble évident, car une femme trans c’est une femme. Pourquoi essayer de la distinguer d’une femme cis ? Et la partie de la question « devait deviner qui est une femme et qui est une femme trans ? » autrement dit une femme trans et une femme « normale » ?

Vous ne trouvez pas cette question transphobe ?

 

Question 22 (DERNIÈRE ENFIN) :

Bon, on finit plutôt bien le test. C’est rare que les gens arrivent à faire la différence.
Dommage que la question soit dirigée.

 

 

CONCLUSION

Ce test, bien que la bonne volonté était là, me semble d’une inutilité affligeante.
Pour savoir si quelqu’un est transphobe, il suffit juste de l’entendre parler sur le sujet.
De plus, il existe de la transphobie intériorisée, c’est-à-dire chez les personnes trans elles-même !
Aussi, c’est bien d’avoir visibiliser les non-binaires, mais qu’en est-il des mecs trans ?
Je n’en ai même pas entendu parler !

Ce test est bourré de fautes, n’importe quelle personne transphobe peut aussi tromper le test en répondant par des questions qui lui semble logique et non de son avis.

Je ne vois as pourquoi ce test figure dans la page d’accueil de Yagg puisque celui-ci est pour moi un test transphobe plus qu’un test qui dénonce.

 

 

 

Perso | THS - 2ème Mois | 04.04.2015 - 22 h 15 | 4 COMMENTAIRES
Ma Chance Avec Les Médecins. Jamais Deux Sans Trois.

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Je reviens d’une longue période sombre, et me re-voilà avec cette nouvelle !

Ce matin (Un lapin… A tué un chass… euh non), 2 avril 2015, 7h30, le réveil sonne. Trois heures de sommeil. C’est dur.
Et j’ai peur.

Après toutes les horreurs que j’entends sur les médecins envers les trans… J’ai peur.

Ce matin, je dois aller voir une gynécologue. Elle est chirurgien et fait partie des médecins sur la liste blanche (liste non-publique) des professionnels de santé s’occupant de personnes trans. Elle s’est engagée personnellement dans l’accompagnement des FtMs.
Je suis allé la voir pour me renseigner pour l’hystérectomie.

Je comptais subir en première intervention l’hystérectomie. Pour me débarrasser de… Ce… Truc ?

Bref.

À neuf heures, heure du rendez-vous, nous sommes appelés (oui, Damia m’a encore accompagné, quel amour ^^ )

Je lui explique ma situation, que je suis en transition, que je souhaiterais avoir tous les renseignements possible car c’est une opération qui me semble extrêmement importante.
Elle paraît sèche au début, elle me demande ma situation familiale, mes parents, les éventuelles maladies dans la famille qui peuvent être dangereux pour un acte chirurgical (problèmes de cœur, etc.)

Et m’a demandé, un peu par curiosité, mon ressenti par rapport à ma transidentité, mon corps. Si c’est pendant l’enfance ou l’adolescence que c’est apparu. En tant que médecin volontaire pour l’accompagnement des FtMs, cette question me paraît tout bonnement bienvenue.
Je lui explique que je souhaiterais commencer par cette opération.
Elle est assez surprise, la plupart des FtMs commence par la mammectomie.

Je lui explique que j’ai peur par rapport aux risques de cancer et autres. Elle me rassure, puisque je n’ai aucun antécédent dans ma famille, que je ne fume pas, je ne présente aucun risque.
Et bien qu’elle connaisse le sujet des FtMs, elle me dit : « Je me base sur des statistiques, et je ne veux pas qu’après il y aie des regrets de ne pas avoir pu procréer »

[TW description hystérectomie, chirurgie]

Elle me raconte brièvement le déroulement de quand je prendrais rendez-vous pour l’intervention.

On me proposera de conserver mes gamètes, et me prévient qu’elles me seront disponibles tant que mon état civil ne sera pas changé. Elle montre même un signe de désapprobation quant à cette loi.

Je change d’identité, je deviens une autre personne aux yeux de la loi, je « renais » donc mes cellules reproductrices ne sont plus les miennes.
L’opération elle-même c’est trois petits points, dont un dans le nombril (ischhhhhh) pour faire passer la caméra endoscopique, et deux autres plus bas pour détacher l’utérus. Il sera retiré par voie vaginale. (Anesthésie générale)

Ensuite, je reste entre deux et trois jours à l’hôpital (« Vous êtes jeune, en bonne santé ! On se remet vite ! »), entre cinq et six semaines sans rapports sexuels, sans bains, et la revoir pour examen post-opératoire.

[Fin TW description chirurgical]

 

Elle me dit qu’elle pourra pas pratiquer d’intervention avant un an d’injection. Donc pas avant le 6 février 2016. Ça ne me paraît pas si loin.

De plus, elle préfère que je fasse la mammectomie en premier : « Les seins, je sais bien que vous n’en voulez plus, mais ça peut se remettre en cas de regrets. Alors qu’un utérus non. C’est irréversible. »
Elle comprend que je rejette totalement ma poitrine, mais me dit qu’elle se fie à ses statistiques et qu’aussi, elle préfère ne pas avoir devant un patient avec un regret immense de l’acte chirurgical.

Elle m’explique que la testostérone va faire diminuer ma poitrine, et que je pourrais avoir la péri-aréolaire. Je lui dit que ma taille est trop importante encore, mais elle me rassure et insiste : « ça va encore perdre du volume. »
Je suis assez surpris. Agréablement surpris.
D’ici six mois d’injection, ma poitrine aura sa taille réduite au minimum, biologiquement possible.

Je lui demande pour un aspect physique extérieur qui me complexe énormément : mes hanches. Est-ce que ça va changer, sans sport, déjà ? Elle me dit oui. La graisse va en effet se répartir comme chez les sujets « mâles ».
Damia lui demande si ma densité osseuse va augmenter, elle nous répond que non, mais que les muscles peuvent le « faire croire ».

Je lui demande par rapport à l’hormonothérapie, quels sont les effets de la testostérone sur le cycle menstruel. La testostérone bloque l’ovulation. « Les ovaires sont en vacances là ». COOL
Au moment où j’étais en rendez-vous avec elle, j’avais quelques saignements, car j’étais dans la période qui s’apparenterait aux règles. Et elle m’a confirmé que ce serait la dernière fois que j’aurais mes règles (EPIC WIN)

Ensuite, elle m’a demandé quelle est mon orientation sexuelle, ou plutôt, quelle est ma sexualité actuelle (homo, hétéro), je lui présente ma concubine ici présente.
La question peut paraître déplacée, mais n’oublions pas que nous sommes chez une gynécologue !
C’est donc normal qu’elle me pose cette question.

Niveau administratif, ce sera TOTALEMENT pris en charge par l’ALD. Zéro pépette à sortir.
Puis elle est safe, alors je la conseille aux mecs trans, aux femmes trans opérées (parce qu’elle a dit que l’organe génital masculin était trop compliqué pour elle), et aux lesbiennes, bies, queer, etc.

Moi, je garde la madame. Voilà.

Perso | 02.12.2014 - 15 h 00 | 0 COMMENTAIRES
La France et la justice.

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Aujourd’hui, comme depuis que je suis entré dans le monde LGBT, j’en apprends énormément sur les lois françaises, les défauts et tout, et tout…

Déjà, j’ai appris que le mot transphobie ne faisait pas parti du vocabulaire de la justice.
Ça signifie quoi ? Bah… Qu’il est impossible de porter plainte pour transphobie.
Pour homophobie, oui, mais pour transphobie, non.

Le jour où les lois avanceront, peut-être que nous pourrons porter plainte contre notre famille pour rejet, pour transphobie, pour tout ça…

Et un truc que je sais depuis un peu plus longtemps :
Le viol légal, ça existe. C’est du voyeurisme.

C’est la justice, quand il y a demande de CEC, qui demande une expertise médicale par un médecin légiste.

En quoi consiste cette expertise ?

Tout simplement de vérifier pour les MtFs si leurs seins sont suffisamment développés pour pouvoir les considérer comme des femmes.

Si leur néo-vagin est suffisamment profond, suffisamment large pour accueillir un pénis. Oui, ils vérifient si vous êtes une femme selon un schéma hétéro-normé.

La nana MtFs en question est lesbienne ? Bah c’est pas grave, on regarde quand même. C’est curieux de savoir à quoi ça ressemble, un néo-vagin sur un «  ex-homme »

Pour le FtMs, en revanche, je n’en sais rien. C’est-à-dire que je n’en connais pas des masses, et ils ne sont pas encore à ce stade…
J’ai seulement entendu certains dire qu’on leur avait demandé de faire des pompes, des exercices physiques. À confirmer.

Si un FtM qui aurait subi, ou entendu parler de l’épreuve de l’expertise pour FtMs passe par là, pensez à laisser un message privé ou un commentaire afin que l’on sache ce qu’il s’y passe.

 

 

Perso | Pré-THS | 01.12.2014 - 15 h 00 | 0 COMMENTAIRES
La solution.

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La solution, je l’ai trouvée.

Ma transition. Je suis sûr de vouloir la faire.

Je suis sûr de pas être une fille et rejeter tout ce qu’il y a de féminin en moi.

Donc je ferais cette transition, mais je choisirais ma transition. Je veux garder le contrôle dessus. Je ne veux pas devenir Rambo non plus…

Juste un jeune homme, androgyne, qui joue avec les genres. Qui peut aimer se travestir occasionnellement, qui peut apprécier de passer pour une fille ou un garçon.
Et ça me sera égal, car je serais un homme. Un p’tit homme. Un p’tit Tom.

 

Le truc, c’est de ne pas en parler au psy, car lui, il comprendrait pas.
C’est pas une pathologie, m’sieur. Juste que je me sens pas binaire.
Je n’appartiens pas vraiment aux deux genres binaires auxquels la majorité de la population se défini.

J’suis pas comme les autres, et c’est pas vraiment un choix.

Un p’tit gars à l’allure androgyne, ou personne à part moi ne saurait me genrer binairement.

Héhé.

 

Ce sera un entre-deux. Puis, le jour où je saurais vraiment me définir, si ce jour arrive, bien sûr, je ferais le nécessaire pour.

Mais pour le moment, cette idée me convient parfaitement.

 

 

Par contre, hystérectomie et mammectomie : Ça, je veux y avoir droit !
Le CEC également, avec mes prénoms androgyne ( oui, je chercher encore le troisième. Et oui, j’en veux un troisième. Je me sens incomplet sans ce troisième prénom. )

 

Reste plus qu’à attendre l’indépendance.
Que la société évolue.

Que la justice, les lois, évoluent.