6987 Dijon | Se découvrir FtM…

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Se découvrir FtM...
Les questions, les réponses...
Perso | 31.03.2016 - 10 h 37 | 0 COMMENTAIRES
Aujourd’hui c’est le TDoV. 31.03.2016

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Aujourd’hui, c’est la journée internationale de la visibilité trans.
Aujourd’hui, malgré cette journée, personne ne parlera de nous aux infos.
Personne ne va parler de nous et il n’y aura pas de publicités marketing sur notre dos chez Auchan, Carrefour ou Leclerc.

Aujourd’hui, nous serons peut-être visibles sur Twitter, pas plus loin que la sphère militante.
Sur Yagg aussi, visibilité aidée par les quelques cis qui râleront dans mes commentaires pour dire qu’on parle encore de nous.
Sur Facebook, pas plus loin que dans le cercle d’ami.e.s et des translovers.
Sur d’autres réseaux sociaux peut-être, entre concerné.e.s, sur YouTube, peut-être et encore.

Aujourd’hui, en France, et sûrement ailleurs, en ce jour de visibilité trans nous allons rester invisibles.

Nous avons été invisibles pour le TDoR (journée du souvenirs trans, le 20 novembre dernier et chaque année en Novembre)

Nous sommes invisibles tout le temps, sauf…

Quand ça arrange les parents pour nous invalider
« Regarde ce trans qui s’est suicidé parce qu’il était pas une femme en fait »
Ou encore
« Regarde, elle est morte car elle était trans »

Quand c’est pour se moquer de nous
« J’ai vu cette vidéo buzz où un mec se réveille à côté d’une transsexuelle, il a trop flippé ! »

Quand c’est pour nous agresser, nous insulter, et pire encore
« Punaise, mais t’as vu l’travelo qui vient de passer ? Viens, on lui fait pas la peau ! »
« Hey, toi, t’es un homme ou une femme ? »
« T’es opérée ? Tu t’es faite couper la bite ? Pfrrrr »

Quand c’est pour nous fétichiser
« Tiens, je me ferais bien prendre par une transsexuelle ! »

Et les mecs trans ? Pas d’exemple avec les mecs trans ?
Non.
Premièrement, aux yeux des gens et de la société, nous sommes invisibles. Même s’il paraît que nous sommes de plus en plus connus.
Deuxièmement, nous ne sommes pas cette catégorie qui s’en prend le plus plein la gueule.
Chanceux ? Je sais pas. Et je ne sais pas pour combien de temps encore.

Aujourd’hui, c’est le TDoV et je parle de violence, de transphobie, d’invisibilité.
Parce qu’on en parle jamais.

Enfin, si en novembre de chaque année, où il y a un compte rendu de combien de personnes trans sont mortes assassinées depuis le début de l’année.
Pourtant, nous existons tous les jours.
La violence aussi.

Je parle aussi de cette violence qu’a vécu Damia.

Peu après le TDoV, l’an dernier.
Pour ce jour, elle avait posté une photo d’elle en sous-vêtement sexy sur Facebook.
C’est son corps, c’est son droit, c’est son espace. Personne ne doit la contredire ou lui faire des remarques.

Plus tard, environ 2-3 mois après, il y a eu un débat sur un site qui a publié un article transphobe. Damia est allée commenter, et un mec est venu commenter ceci :

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Damia a publié la screencapture sur son Facebook, en dénonçant sa transphobie.
Puis, une « amie », une fille de l’association où nous étions (donc dans la sphère lGb(t)) lui a posté ça :

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La violence de ses paroles est terrible.
Elle parle sans savoir ce que c’est qu’être trans.
Elle sous-entend que Damia n’est pas une vraie fille, parce que trans.
Mise à part son paternalisme, si Damia ne cherche pas de boulot, c’est par fainéantise.
Non.
Chercher du travail avec des papiers non-conformes à son identité, c’est se mettre en danger.
Certaines personnes le font, d’autres non.
Ce n’est pas une questions de courage ou volonté.
C’est individuel.
Ce que je dénonce ?
Tout.

L’invisibilité des personnes trans dans la société, au sein même des asso LGBT.
L’invisibilité physique et abstraite des personnes trans.
Quand on sait qu’elles sont là, on les ignore, on les efface, car elles sont « trop compliquées » et on ne cherche pas non plus à savoir comment faire.

Aujourd’hui c’est le TDoV, pour les personnes trans hormonées, opérées ou non.
Pour les majeur.e.s.

On oublie trop souvent nos plus jeunes frangin.e.s de 4, 8, 10, 14, ou 16 ans qui sont obligé.e.s, pour celleux qui savent déjà, de ne rien dire, se cacher, s’enfouir dans un placard très étroit, pour se protéger.
On oublie nos ami.e.s qui ont choisi (ou non) de ne faire aucune opération et/ou de ne prendre aucun THS.
Qui sont invisibles car pas out, ou sans cesse invalidé.e.s (« pas de THS, pas trans »)
On oublie les personnes non-binaires qui se battent pour rester en-dehors des cases binaires.
On oublie ces personnes, enfants, adolescents, adultes, âgées, qui ne savent qui elles sont réellement faute de visibilité trans, faute de repères.
On oublie les personnes trans racisées, celles qui en bavent le plus.
Les personnes trans et handicapées.
Les personnes trans SDF.

Aujourd’hui c’est le TDoV
Aujourd’hui, soyez visibles si vous le pouvez, si vous le voulez.
Aujourd’hui, c’est le moment d’aider une personne à se découvrir, d’aider un personne à sortir de l’isolement.
Aujourd’hui, soyons fier.ère.s de qui nous sommes. D’être arrivé.e.s à combattre mal-être, médecins, transphobie et d’être là pour le clamer.

Soyons nous, et faites fermer leur gueule aux cis qui ont toutes l’année pour être visibles partout, tout le temps et râler contre nos existences.
Luttons contre la SoFECT qui se sert de nous pour se faire du fric et se permet de choisir si on est capable ou non, si on est assez trans ou non pour accéder à ce dont on a besoin.
Soyons solidaires, serrons-nous VRAIMENT les coudes pour nous aider, conseiller quand on le peut.
Oublions nos débats futiles qui nous divisent.
Il est temps de se réveiller et d’arrêter de se faire bouffer et marcher dessus.

Aujourd’hui c’est le TDoV, je suis là, bien vivant, j’existe et je ne suis pas seul.

 

 

 

Perso | THS - 7ème à 12ème mois | THS – 12ème Mois | 19.02.2016 - 19 h 03 | 1 COMMENTAIRES
Un an de THS, ça donne quoi ?

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(Je vais en parler de façon binaire homme/femme, masculin/féminin, pour mieux expliquer mon ressentis, mais il va de soi que mon (absence de) genre est toujours agenre à ce jour)

Aujourd’hui, nous sommes le 15 février 2016. Il y a un an et dix jours, je commençais mon hormonothérapie.
Et ça fait 3 mois et 12 jours que j’ai un torse plat.

Souvenirs :

Quand j’ai reçu mon attestation psychiatrique ici
Quand j’ai reçu mes ordonnances ici et ici
Quand j’ai eu ma mammectomie (avant l’opération, jour-j et post-op, convalescence)

 

Cette année a eu des périodes que je trouvais lentes.
Je voyais que mon apparence changer à peine, très lentement, et surtout, les premiers changements étaient les plus désagréable pour moi (boutons, odeurs fortes, muscles, etc.)
Puis vers août, à 6 mois de THS, je voyais qu’on s’adressait à moi de plus en plus au masculin. Je commençais à paraître plus masculin.
À partir de ce moment-là, j’ai compris que j’ai bénéficié de deux périodes de changements.

La première, du début jusqu’à six mois. Il s’agit d’effacer toute trace d’assignation féminine. Violent, bagarreur.
La seconde, à partir de 6 mois, c’est le moulage de mon genre, de mon apparence. Calme, doux.

Je constate donc au second semestre de cette année sous testostérone, que les changements sont plus lents. Les hanches s’effacent lentement, mais sûrement. C’est ce que j’attendais le plus.
Je tente de me construire au masculin, sans y faire plus attention.

Les changements sont plus lents une fois que le plus gros est fait, car il s’agit juste de continuer le travail, en gros. Actuellement, c’est la pilosité faciale qui évolue le plus, les hanches, la répartitions des graisses. Ça reste très lent. C’est presque pas visible d’un mois sur l’autre.

Au niveau de la socialisation, c’est compliqué, je ne sors jamais de l’appartement, mais j’avoue que j’ai moins de regard, de remarques et moins peur aussi.
J’ai toujours ce réflexe de me méfier, le soir, quand il y a une personne que je perçois masculine, mais moins qu’avant car il me faut un temps de réflexion « je ne risque plus rien, j’ai une apparence un peu plus masculine »

Quand je sors pour l’administratif, et donc confronté à des gens qui se basent sur mon apparence, je suis Tom-Alex, je suis un homme, ça ne va généralement pas plus loin que ça.

D’ailleurs, petite expérience (involontaire, comme toujours) à la CAF.

On voulait un renseignement, j’ai dû me connecter sur l’ordinateur là-bas, devant la dame, et bien que mon prénom de naissance apparaissait clairement, avec la civilité Madame ou Mademoiselle, je ne sais plus, la conseillère n’a pas bronché, n’a pas pris en compte et je suis resté Monsieur pendant le reste du court entretien. Et pourtant elle a bien vu les données.
Donc, si lors des entretiens administratifs je suis Monsieur malgré les papiers Madame, je pense que ça passe crème ailleurs.

Psychologiquement, je cherche maintenant à conformer mon corps selon mes attentes personnelles et individuelles. Donc j’ai encore du travail pour être bien dans ma tête, puisque ça passe par mon corps. Mais ça n’a aucun rapport avec les hormones.
Aussi, le dosage me va bien, ça me suffit, et la fréquence de prise également.
J’avoue avoir la trouille avant chaque prise car douloureux et embêtant, mais j’essaie de prendre sur moi.

 

Après, si je puis me permettre de donner quelques conseils :

– Si il y a parmi vous des personnes assignées filles, si vous vous demandez si vous devez ou pas prendre des hormones sachez ceci : (valable pour des assigné.e.s garçon qui se demandent pour le THS trans féminin)

– Ne le faites pas pour le regard de l’autre, mais pour votre bien-être intime, personnel, qui ne regarde que vous. La transition, c’est comme un magasin. Tu as le rayon hormones, opérations, vêtements, activités, coiffures, etc. Tu mets dans ton panier ce que tu veux, quand tu veux, comme tu veux. Tu n’es pas obligé.e de passer par un rayon que tu n’as pas envie de voir.

– Les hormones, c’est à vie. Et je ne parle pas de la prise d’hormones. Je parle des effets. Certains sont irréversibles. Et après une hystérectomie / une vaginoplastie, c’est encore plus dangereux d’arrêter.

– Si tu penses que ton apparence actuelle te correspond, ne cherche pas à accéder à quelque chose qui ne t’ira pas dans l’unique but d’être validé. Les hormones, opérations et CEC ne vont pas faire de toi plus un homme/une femme/un.e NB que tu ne l’es déjà.

– Il faut savoir qu’une transition médicale, ça implique des sacrifices et des bénéfices.
Essaie d’imaginer si tu peux une balance (comme celle de la justice, par exemple)
Sur un plateau, tu mets tous les sacrifices que ça impliquerait, et sur l’autre plateau, les bénéfices.
Si pour toi sacrifier de l’argent et du temps est moins coûteux que le bien-être que ça va te procurer, alors le bénéfice est supérieur aux sacrifices.
C’est cette métaphore qui a aidé des connaissances à vraiment réfléchir à ce qu’iels voulaient. Une sort de liste « pour et contre »

– Si tu sens que tu vas avoir des difficultés seul.e et que ton entourage cis ne peut pas t’aider, essaie de voir si il y a des personnes dans le coin ou la région près de chez toi qui ont commencé ou veulent commencer une transition.
J’ai été guidé par Damia de A à Z et, à mes 6 mois de traitements, j’ai chopé un ami par la peau du cou lorsque j’ai eu un RDV chez l’endoc’ et on a pu l’avoir ensemble, moi pour continuer, et lui pour commencer. (C’est qu’un exemple)

– Dernière chose :
Si tu doutes de toi en te disant « je suis trop féminin/masculin pour ressembler à un garçon/une fille/androgyne/autres apparences » dis-toi que certaines personnes trans sont parties de très loin

Voici une photo un an avant mon THS et une autre à THS + 8 mois environ

 

T-Alex 2K15 (10)

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Et mon torse, 3 mois et 12 jours post-op (cliquez dessus pour agrandir)

 

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Perso | THS - 1er à 6ème Mois | THS - 6ème Mois | THS - 7ème Mois | 13.08.2015 - 14 h 01 | 4 COMMENTAIRES
Une Demie Année De THS Terminée.

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Aujourd’hui, le 13 Août 2015, c’est sept mois tout rond après l’obtention de mon attestation.
Aujourd’hui 13 Août, c’est aussi 6 mois et une semaine de THS bouclé.

Le bilan ?

Je commence à y voir plus clair, et surtout je vois enfin ce que j’ai de mon ancienne expression de genre disparaître.
Pour les changements qui ont continué après le dernier bilan, voici les nouveautés.
Le visage a bien changé, il est plus carré, les pommettes ont disparu, et mon visage est perçu plus facilement comme masculin.
J’ai eu pas mal d’acné, surtout situé au niveau de la barbe, les épaules et le haut du dos (mon tatouage les a vu passer…)
Maintenant, ça s’est atténué, et j’ai beaucoup plus de poils de barbe, encore fins, mais je suis passé à un rasage quasi quotidien, donc on verra. (Ça pousse surtout à droite – oui, comme le FN)
(Et ça pique)
Et sur le reste du corps, je suis envahi de poils. Sur le ventre, bien visibles, le torse (ça commence), et j’en ai sur les pieds ! (Me reste plus qu’à chercher l’Anneau Unique)
La chute capillaire a diminué.
La peau est toujours très grasse, mais je vais voir si cela est dû à une mauvaise alimentation ou le THS.
Le dicklit n’a pas grandit depuis.
Je transpire énormément, je suis obligé de prendre deux douches par jour, et je ne parle pas de la période caniculaire, et je sens très vite la transpiration, et très fort.
La poitrine n’a pas changé.
Au niveau de la voix, je peux descendre encore plus bas qu’avant, et est plus rauque.
La dysphorie s’atténue, il y a juste la poitrine, mais une mammectomie est prévue, reste à savoir quand, car j’ai des difficultés à remplir mon pot commun. (J’ai un rendez-vous préopératoire le 23 septembre à Montauban)

En revanche, la dysmorphophobie est bien présente, surtout depuis ma grande prise de poids.

J’étais à 60kg au tout début de mon THS, à présent je suis à +20kg (80kg, donc) et c’est très difficile à accepter, je vais donc faire le nécessaire pour perdre du poids.
J’ai commencé tout juste, reste plus qu’à continuer.
Je sais qu’à Bergerac ça sera plus simple (appartement plus spacieux, plus d’espace pour me défouler, faire du vélo, bien-être dû au retour au sud, ma sœur qui va m’aider, etc.)

Damia et moi allons donc vivre dans ce qui nous fait le plus de bien, le Sud
Je me sens revivre depuis la décision de partir.

Avec la famille :

Mamou continue de m’appeler, parfois, elle est un peu casse-bonbon, elle exige de moi que

  • Je ne sois pas gros, c’est moche (pour une dernière rencontre, on repassera…)
  • Je sois bien habillé, le confort on s’en fout, il faut « bien marquer »
  • Je sois sociable (j’ai juste une phobie sociale)
  • Je sois heureux (ça, c’est en cours)
  • Je travaille (or, je sais que je peux pas, j’essaie de faire reconnaître une incapacité à travailler)

 

Et dans la situation où je suis, c’est un peu compliqué de lui faire comprendre, alors j’essaie de trouver des excuses pour ne pas qu’on se voit une dernière fois, car avec l’apparence que j’ai, je lui donnerait raison sur le fait que je ne sais pas me prendre en main, et que le problème, c’est peut-être pas la transidentité (bah non, c’est pas un problème, c’est moi. Mon identité.)

Aussi, elle me dit d’envoyer des message à génitrice. Je lui en ai envoyé deux, auxquels elle n’a pas encore répondu, donc elle ne devait pas être si pressé que ça d’avoir de mes nouvelles…

Perso | 12.08.2015 - 21 h 38 | 2 COMMENTAIRES
Nouveau Départ.

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Je ne vous en ai pas parlé, alors je vais vous l’apprendre : Je n’aime pas Dijon.
Ou plutôt, je ne l’aime plus.

Je vous explique un peu.

Quand je m’y suis installé, c’était en tant que jeune étudiant.
Naïf, peureux, et mal dans sa peau.
Mais je voyais cette ville comme un nouveau départ.
Me faire de nouveaux ami.e.s, être un étudiant qui réussit, et m’épanouir.
Puis je me suis rendu compte de plein de choses, et je me suis pris une baffe dans la tête.
Puis j’ai évolué, j’ai grandi, mais je n’étais pas bien.

J’avais peu de relations, j’ai souffert.
J’ai de mauvais souvenirs dans cette ville.
Dans cette région.
Je suis arrivé en Bourgogne à l’âge de 9 ans, en août.
Et j’ai fêté mon dixième anniversaire, ma première décennie dans ce village en Saône et Loire le 14 septembre 2003.

Cet âge avait une grande importance pour moi. Première décennie, premier âge à deux chiffres, dernière année de classe de primaire avant le collège.
Et je vénérais ce nombre. Le 10.

C’était le pire anniversaire.
Mamou et mon père n’était pas là, ce jour-là, ils terminaient le déménagement.
J’ai été seul avec ma mère, avant que ma tante et mes cousins me rejoignent, pour rendre moins triste cet anniversaire.
C’était mon premier anniversaire hors de la région PACA, dans une région dont je ne connaissais rien, même pas le climat, les gens, les coutumes locales. Rien.

Et les 12 années qui ont suivies n’ont pas été meilleures.
C’est pour cela que je fête mon anniversaire le 5 février, le jour où j’ai eu mon ordonnance de THS, même si ça n’était que l’Andractim, et pas encore les injections (qui sont arrivées le lendemain.)

Maintenant, je suis à Dijon depuis bientôt deux ans.
Et nous avons eu une opportunité, nous partons.

Nous allons nous installer à Bergerac, dans le sud-ouest.
Nous allons retourner dans le Sud, Damia et moi

Je vais me rapprocher de ma tante et sa petite famille, (vous vous souvenez ? Celle qui m’a aidé pour mon premier Coming-Out), et d’une partie de mes ami.e.s.
Et Damia sera plus proche de ses parents et d’une grande partie de sa famille.
Damia m’a demandé quand je souhaiterais faire le voyage Dijon – Bergerac.

 

J’ai regardé mon calendrier et je lui ai dit

« Le 14 septembre. »

Perso | THS - 4ème Mois | 26.06.2015 - 17 h 20 | 5 COMMENTAIRES
De Retour Pour Un Petit Bilan

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Ça fait un moment que je ne suis pas venu actualiser mon blog, mais me revoilà !

J’espère être un peu plus actif cette fois ;)

 

Alors depuis la dernière fois, j’ai pu faire mes bilans sanguins, et voir l’endocrinologue.

Sa conclusion : Mes taux restent très bas pour 4 mois de THS

Il a donc rapproché les piqûres comme nécessaire. Je prend une demie-ampoule toutes les trois semaines

Donc le 22 juin j’ai pu faire mon injection une semaine avant ! (c’était cool)

 

Mais je vous avoue que je vais voir une autre endoc’ sur Paris bientôt, car entre temps, une amie est venue pour son THS, et il lui a prescrit uniquement de l’androcur pour 4 mois (très déconseillé !!) et a lourdement insisté pour la rediriger vers l’équipe de Lyon (—-> Lol : NOPE)

Sinon, pour vous faire un résumé des changements concrets ces 4 derniers mois

La voix, elle a beaucoup baissé depuis
Les poils, il y en a PAR-TOUT (sauf sur le visage, ÉVIDEMMENT)
Les cheveux ! Ils tombent !
La peau. Au début elle était sèche, et étant donné qu’avant le THS elle avant une tendance grasse, ça m’arrangeait, mais hélas, ce fût de courte durée ! La voici de nouveau grasse, et pleine d’acnée ! (À moi la collection de produits anti-peau grasse !)
Le dicklit qui fait maintenant 6 cm en érection
Je supporte mieux le froid
Je transpire plus vite et je sens plus vite (malgré les trois lavages)
Ma poitrine est vide, plus de glandes mammaires (un peu de bourgeons mammaires, mais surtout de la graisse)
Plus de menstruations !
Mon visage aurait changé
Je suis plus endurant et me muscle très rapidement et facilement
La libido qui augmente
Je suis plus sûr de moi, même si j’ai encore beaucoup de mégenrage.

Il est vrai que le moral est plus stable, que je gère mieux mes émotions, mais ça reste difficile de supporter les « madame » et « mademoiselle », je pense que c’est à cause de mes hanches (très) larges

Donc moins de dysphorie, mais beaucoup de dysmorphophobie

Ensuite, en parlant de dysphorie, j’ai fait l’achat de plusieurs choses entre temps

De prothèses péniennes
J’ai choisis des Mr Limpy, j’ai pris les 4 tailles existantes (y avait une réduction, donc)
D’aspect, c’est très réaliste, la couleur bof, mais bon, c’est pas le truc qu’on sort en public comme ça.
Pour le porter : au début, je le mettais tout seul dans le boxer, contre un autre boxer, et c’est pas pratique du toutla prothèse se balade et avoir deux élastiques de boxer qui serrent les hanches (en plus du pantalon/short !) c’est assez inconfortable.
Le mettre contre la peau, c’est non (c’est sale, et ça irrite)
Donc j’ai fait mon propre harnais, mais ça ne m’empêche pas de le porter très peu.
Les tailles ne sont pas un problème.

Autre achat : le binder

J’avais un underwork comme premier binder, et au bout d’un an de port quotidien, ça s’élargit.
J’avais entre temps pris un autre de la même marque, mais une taille en dessous, et non, ça n’allait pas du tout.
Un ami m’a vendu le sien, un T-Kingdom court, à scratch, ça dépanne bien quand l’underwork me blesse, mais c’est pas top (pour moi)Donc, ayant entendu parler du GC2B, j’ai tenté, un M court noir

Et c’est parfait, les photos :

(underwork long blanc, premier essai VS GC2B court noir troisième jour)

Essai Binder (1) Essai Binder (2)IMG_20150626_083932 IMG_20150626_084001 IMG_20150626_084024

Pour celleux qui voudraient savoir, je faisais un bonnet C à l’époque (cf binder blanc), maintenant, au moins un bon B.
Les deux sont des tailles M, et ont voit tout de même la différence pré-transition VS Testo +4 mois

 

Maintenant, d’un points de vue relationnel

Damia et moi et c’est toujours aussi fort :)

Les géniteurs, j’ai coupé les ponts avec eux (je reçois encore une petite somme mensuel qui m’empêche encore de me sentir libre)

J’ai reçu un appel de ma grand-mère, elle voulait comprendre, m’entendre. Elle m’a écouté, elle est inquiète, elle veut faire des efforts.

Sinon, quelque chose de bien !

Les Marches des Fiertés : J’ai enfin pu faire celle de Dijon et demain, j’irais pour la première fois à celle de Paris !

Mon premier rendez-vous pré-opératoire est prévu pour le 23 septembre, on verra ce que ça donne :)

 

Sur ce, je vous laisse là !

Perso | THS - 4ème Mois | 12.05.2015 - 17 h 23 | 3 COMMENTAIRES
Les Résultats.

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Me revoici, je ne vous ai pas abandonné, rassurez-vous, je n’avais pas grand chose à vous raconter depuis la dernière fois.

J’ai fait mes deux premières prises de sang depuis le début du THS et…

Constatez par vous-même

TESTO

Je vous explique :

Le premier est pré-THS, j’avais 0,03ng/mL de testo

Le second est 10 jour après injection : 1,22ng/mL

Le troisième est quatre semaines après mon injection, la veille de la suivante : 0,22ng/mL

 

Ce qui veut dire que ce que je prends se perd aussitôt, je l’intègre très rapidement. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, mais il ne m’en reste plus beaucoup pour les jours/semaines suivant.e.s.
Et encore, j’ai modifié le dosage… J’ai pris trois quart d’ampoule au lieu de la demie prescrite…

Il s’agit maintenant de rapprocher les piqûres, car il y a trop d’attente entre chaque ampoule et c’est pas conseillé

Pour ce mois de mai, j’ai pris une ampoule complète pour assurer ma survie jusqu’à celle du 2 juin. Je revois l’endocrinologue le 3 juin.

 

 

 

Perso | THS - 3ème Mois | 15.04.2015 - 12 h 25 | 9 COMMENTAIRES
Un Endoc’ Pas Si Terrible.

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Hier, je suis exceptionnellement sorti.

Je suis allé chez mon banquier le matin, ça s’est très bien passé, je reprenais de l’assurance en moi.
Puis l’après-midi, je suis allé me faire couper les cheveux, ils étaient trop longs.
La coiffeuse m’a reconnu et m’a fait la même coupe que la dernière fois.
Très sympathique.

Vers 14h, on téléphone à un chirurgien pour la mammectomie qui pratique cette opération sans obligation de testostérone ou de X années de suivi psy.
J’obtiens un rendez-vous pour le 23 septembre.
Je suis heureux.
Je suis de nouveau motivé, j’espère vraiment avoir mon changement d’ordonnance ce soir, chez l’endocrinologue.

Je fais 8 lettres de motivation pour 8 collèges et lycées, pour être assistant d’éducation.
Imprimées, pliées, et prête à l’envoi.
Je reprends encore confiance.

J’ai envie de faire des études de musique.
Au conservatoire si je suis pris, sinon en fac de musicologie.
Il faisait beau et chaud, avec Damia on s’est promené dans Dijon.
Mais j’étais vite de moins en moins à l’aise.

Tout ces gens.
Je constate que mon reflet m’obsède.
Je ne vois que mon fessier proéminent.
Je ne suis plus du tout à l’aise. La boule d’angoisse revient.
On se dirige vers la poste. Elle ferme exceptionnellement à 17h30.
Il est 17h31…

Nous sommes donc allés rapidement dans le cabinet de l’endocrinologue où nous avions rendez-vous. Il était presque l’heure, en plus. S’asseoir et s’isoler. Vite.

Nous sommes en salle d’attente.

À 18h15, nous entrons dans son bureau.

« Alors, apparemment, ça ne va pas ? »
Ben non.
« Bon racontez moi. »

Je lui raconte.

Les pics de testostérone, la fatigue, l’énervement, le moral qui tombe au bout de deux semaines après injection, etc.
Je lui demande de rapprocher les piqûres.
Faire 1/2 ampoule toutes les deux semaines au lieu de 1/2 ampoule toutes les quatre semaines.

Il me ressort la même excuses qu’avant « les fesses comme une passoire », et me dit que pour en arriver jusqu’au tentative de suicide, il faut sûrement réduire la dose. C’est que j’ai trop de testostérone.

Il a rien compris.
Je n’ai PLUS de testostérone dans mon organisme au bout de deux semaines.
Plus d’hormones, rien.

Pas « trop de testostérone »

Et il me dit qu’il faudra sûrement arrêter l’Androtardyl.
Je suis sous le choc.

« Et trouver une autre solution : ingérable, en gel… »
« Ingérable » ? Vraiment ? Je pense immédiatement à la Pantestone, ces comprimés qui doivent être éradiqués de n’importe quel livre de médecine.

Vu l’état dans lequel était l’autre FtM à cause de ça, merci bien, je tiens à ma santé mentale, ma dignité et ma peau.

Et il me dit alors de faire une prise de sang le plus rapidement possible (car je suis à une semaine et demi de ma dernière injection) et une autre dans deux semaines (la veille, ou le jour même avant ma prochaine injection)

Je lui demande si on ne peut quand même pas essayer 1/4 d’ampoule toutes les deux semaines, histoire de pas rester deux semaines sans rien dans le corps.
Deux petits mois.
S’il vous plaît.
Pour tester.

Prise de sang d’abord.

Je suis sorti, déçu.
Je vais vers la secrétaire (adorable) je lui dit qu’avec l’ALD, je n’ai rien à payer. Normalement.

55€ (au lieu de 75€).
Ah bon.

Bon ben… Je sors ma carte bancaire, je suis pas dans un moral folichon.

***   ***   ***   ***

De retour à l’appart, je me jette sur le lit.
Complètement abasourdi.
Je suis de nouveau comme douze heures auparavant.
Sans confiance en moi, sans plus aucun but.
Il y a moins de dix jours, j’avais envoyé un mail au GRETIS de Lyon. La SoFECT. Pour avoir des renseignements pour peut-être y entrer.
Pas eu de réponse.
C’est ma dernière chance.

Alors je leur renvoie un mail montrant ma motivation et volonté à y entrer.
C’est pas forcément la meilleure solution, mais c’est la dernière.

Aujourd’hui, lendemain de cette folle journée, je me réveille.
Je ne suis pas encore allé faire ma prise de sang.
Je n’ai pas manger non plus.

Je n’ai plus faim.
Je ne veux plus me lever.
Je ne veux plus poster mes Cvs.
Je n’ai plus aucun but.

 

J’attends juste un mail du GRETIS.

 

J’attends leur réponse.

Perso | THS - 2ème Mois | THS - 3ème Mois | 08.04.2015 - 18 h 58 | 3 COMMENTAIRES
Deux Mois De THS.

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Le dimanche 5 Avril, j’ai fait ma troisième injection, donc je termine mon deuxième mois de THS et commence mon troisième !

Un petit bilan de ce deuxième mois ?

Psychologiquement :

Ça allait très mal, autant l’admettre.
Moral à zéro pendant au moins trois semaines.
J’ai compris que la raison n’était pas que l’entourage et leur misgenre à mon égard ou l’incompréhension des personne cisgenres, mais bel et bien le dosage.
Le dosage était mal fichu.
Pour rappel, j’ai une demie-ampoule toutes les quatre semaines. Ce qui est peu, car la testostérone a le temps d’être absorber et rapidement, car peu de dosage pour mon organisme. Ce qui peut entraîner de fortes baisse de moral.

Du coup, je ne sors plus, sauf obligation, de l’appartement (je ne suis pas sorti depuis six jours, à l’heure où j’écris l’article)

 

Physiquement :

Le développement des poils est de plus en plus visible.
Ils se sont développés sur le ventre, torses (protubérances graisseuses comprises), cuisses, bras et menton !

J’ai autant de bouton que de poils sur le menton, mais j’en ai une bonne dizaine qui piquent et qui sont bien noirs, je n’aurais peut-être pas besoin d’utiliser l’astuce du mascara. De plus ça pousse très rapidement. Le lendemain après le rasage, on peut sentir assez bien la repousse.

Seins vidés, il ne reste que le bourgeon mammaire.

Ma voix est revenue comme avant suite à un coup de stress et une perte de confiance en moi.
Mais je travaille dessus

Le dicklit qui prend une forme plus semblable à celle d’un pénis (ça y ressemble, quoi)

Les cheveux qui pousse à une vitesse hallucinante.

Les règles, je les ai eu très peu. Juste de quoi m’embêter en fait.

Toujours 6 jours après l’injection, je suis complètement HS. D’où une nécessité de rapprocher les injections.

 

Caractère et tempérament :

Bon, comme je l’ai dit, c’est un peu biaisé par le mauvais dosage, donc je ne sais pas si c’est pertinent.
Plus impulsif qu’avant.
Deux semaines avec un super moral et deux semaines avec un moral très bas.

 
Une petite précision par rapport à mon injection de dimanche : [TW piqûre]

Je n’ai pas bien compris cette fois pourquoi elle m’avait fait aussi mal. On avait pris le quart extérieur et supérieur de la fesse, comme c’est conseillé, Damia a suivi les consignes de d’habitude, et pourtant, j’ai eu extrêmement mal.
Au moment de l’insertion de l’aiguille, j’ai ressenti une énorme douleur, puis une sensation de chaleur très désagréable qui monte du bas du dos jusque dans la tête, avec envie de vomir et sensation de « partir », un peu comme un évanouissement.
Rien de grave, je n’ai ni vomi, ni ne suis tombé dans les pommes.
Mais j’ai un petit peu peur pour la suivante.

Et je précise que j’ai changé le dosage : trois quarts d’ampoule. On verra si ça change quelque chose.

[Fin TW piqûre]

 

 

Bon, je vous raconte un peu la raison de ce passage à vide, qui a été provoqué non seulement par une dissipation des hormones mais aussi par des faits qui se produisent et qui me touchent.

Donc les « madames » et « mademoiselle » tout le temps, avec un banquier au téléphone qui, pourtant, connaît la situation, ou un boulanger qui, le pauvre, ne sait rien et c’est d’autant plus blessant, car ça veut dire que la personne se base sur l’apparence.

 

Le pire a été un samedi après-midi à mon association. (Association LGBT)
L’activité est réservée aux jeunes entre 14 ans et 25 ans.

Sans entrer dans les détails, tout se passe bien.
J’ai mes vêtements « masculins », mes bijoux de bonhomme, ma voix bien grave et ma confiance en moi.

Je précise que je me présente en tant que Tom-Alex, en administrateur, et ceux qui me connaissent autour de moi me genre au masculin.

 

Vers la fin de l’activité, où tout pour moi me semble acquis, un des nouveaux me genre au féminin. Choc.
Je ne comprends pas.
Juste avant, je parle de ma transition, de ma barbe naissance, j’ai ma voix grave, on m’appelle Tom-Alex et on me genre au masculin, mais je ne comprends pas.

J’essaie de me convaincre que j’ai mal entendu. Ou que j’ai du me planter quelque part.

Non. Il croit que je suis une fille.
Ou plutôt « j’ai un physique qui correspond à celui qu’on attend d’une fille »

Je suis complètement abasourdi.
Je quitte l’activité rapidement, ma confiance en moi ayant chuté de -10 000 en un seul mot.

Damia l’expliquera lors du Conseil d’Administration de l’association durant lequel je n’étais pas présent, car vraiment très mal.
Un seul membre du CA montrera un certain mépris par rapport à l’exagération de mon ressenti.
Les autres auront l’attitude attendu de leur part. Autrement dit, il n’essaient pas de prendre un parti plus que l’autre.

 

C’était un accident qui a eu une forte conséquence assez violent sur mon moral.
Aujourd’hui j’en paie encore les conséquences.

Je ne sortirais pas de chez moi tant que je n’aurais pas un passing que j’estime à mon goût et correct.
Tout simplement parce que je n’y arrive plus.

 

En ce qui concerne mes parents, plus de nouvelles de ma mère, ni de ma grand-mère.

Je vois mon père moins souvent puisque j’ai terminé les 3000 km règlementaire pour le passage du permis. Je le vois toutes les deux semaines pour des manœuvres en attendant les rendez-vous pédagogiques et l’examen. Je ne sais pas ce qu’il en sera après.

J’ai une crainte supplémentaire : aurais-je des difficultés pour mon permis ? Au niveau de mon apparence et ce que l’inspecteur verra sur les papiers d’inscription ?
J’ai peur de ne pas obtenir le permis pour des raisons transphobes.

Et de décevoir mes parents et de ne plus les revoir.

 

Et lundi, j’ai envoyé un mail à l’équipe hospitalière de Lyon afin de savoir si je réponds à leurs critères pour y entrer. Je n’en suis pas fier, mais je suis un peu désespéré.

Voilà.

Perso | THS - 2ème Mois | 04.04.2015 - 22 h 15 | 4 COMMENTAIRES
Ma Chance Avec Les Médecins. Jamais Deux Sans Trois.

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Je reviens d’une longue période sombre, et me re-voilà avec cette nouvelle !

Ce matin (Un lapin… A tué un chass… euh non), 2 avril 2015, 7h30, le réveil sonne. Trois heures de sommeil. C’est dur.
Et j’ai peur.

Après toutes les horreurs que j’entends sur les médecins envers les trans… J’ai peur.

Ce matin, je dois aller voir une gynécologue. Elle est chirurgien et fait partie des médecins sur la liste blanche (liste non-publique) des professionnels de santé s’occupant de personnes trans. Elle s’est engagée personnellement dans l’accompagnement des FtMs.
Je suis allé la voir pour me renseigner pour l’hystérectomie.

Je comptais subir en première intervention l’hystérectomie. Pour me débarrasser de… Ce… Truc ?

Bref.

À neuf heures, heure du rendez-vous, nous sommes appelés (oui, Damia m’a encore accompagné, quel amour ^^ )

Je lui explique ma situation, que je suis en transition, que je souhaiterais avoir tous les renseignements possible car c’est une opération qui me semble extrêmement importante.
Elle paraît sèche au début, elle me demande ma situation familiale, mes parents, les éventuelles maladies dans la famille qui peuvent être dangereux pour un acte chirurgical (problèmes de cœur, etc.)

Et m’a demandé, un peu par curiosité, mon ressenti par rapport à ma transidentité, mon corps. Si c’est pendant l’enfance ou l’adolescence que c’est apparu. En tant que médecin volontaire pour l’accompagnement des FtMs, cette question me paraît tout bonnement bienvenue.
Je lui explique que je souhaiterais commencer par cette opération.
Elle est assez surprise, la plupart des FtMs commence par la mammectomie.

Je lui explique que j’ai peur par rapport aux risques de cancer et autres. Elle me rassure, puisque je n’ai aucun antécédent dans ma famille, que je ne fume pas, je ne présente aucun risque.
Et bien qu’elle connaisse le sujet des FtMs, elle me dit : « Je me base sur des statistiques, et je ne veux pas qu’après il y aie des regrets de ne pas avoir pu procréer »

[TW description hystérectomie, chirurgie]

Elle me raconte brièvement le déroulement de quand je prendrais rendez-vous pour l’intervention.

On me proposera de conserver mes gamètes, et me prévient qu’elles me seront disponibles tant que mon état civil ne sera pas changé. Elle montre même un signe de désapprobation quant à cette loi.

Je change d’identité, je deviens une autre personne aux yeux de la loi, je « renais » donc mes cellules reproductrices ne sont plus les miennes.
L’opération elle-même c’est trois petits points, dont un dans le nombril (ischhhhhh) pour faire passer la caméra endoscopique, et deux autres plus bas pour détacher l’utérus. Il sera retiré par voie vaginale. (Anesthésie générale)

Ensuite, je reste entre deux et trois jours à l’hôpital (« Vous êtes jeune, en bonne santé ! On se remet vite ! »), entre cinq et six semaines sans rapports sexuels, sans bains, et la revoir pour examen post-opératoire.

[Fin TW description chirurgical]

 

Elle me dit qu’elle pourra pas pratiquer d’intervention avant un an d’injection. Donc pas avant le 6 février 2016. Ça ne me paraît pas si loin.

De plus, elle préfère que je fasse la mammectomie en premier : « Les seins, je sais bien que vous n’en voulez plus, mais ça peut se remettre en cas de regrets. Alors qu’un utérus non. C’est irréversible. »
Elle comprend que je rejette totalement ma poitrine, mais me dit qu’elle se fie à ses statistiques et qu’aussi, elle préfère ne pas avoir devant un patient avec un regret immense de l’acte chirurgical.

Elle m’explique que la testostérone va faire diminuer ma poitrine, et que je pourrais avoir la péri-aréolaire. Je lui dit que ma taille est trop importante encore, mais elle me rassure et insiste : « ça va encore perdre du volume. »
Je suis assez surpris. Agréablement surpris.
D’ici six mois d’injection, ma poitrine aura sa taille réduite au minimum, biologiquement possible.

Je lui demande pour un aspect physique extérieur qui me complexe énormément : mes hanches. Est-ce que ça va changer, sans sport, déjà ? Elle me dit oui. La graisse va en effet se répartir comme chez les sujets « mâles ».
Damia lui demande si ma densité osseuse va augmenter, elle nous répond que non, mais que les muscles peuvent le « faire croire ».

Je lui demande par rapport à l’hormonothérapie, quels sont les effets de la testostérone sur le cycle menstruel. La testostérone bloque l’ovulation. « Les ovaires sont en vacances là ». COOL
Au moment où j’étais en rendez-vous avec elle, j’avais quelques saignements, car j’étais dans la période qui s’apparenterait aux règles. Et elle m’a confirmé que ce serait la dernière fois que j’aurais mes règles (EPIC WIN)

Ensuite, elle m’a demandé quelle est mon orientation sexuelle, ou plutôt, quelle est ma sexualité actuelle (homo, hétéro), je lui présente ma concubine ici présente.
La question peut paraître déplacée, mais n’oublions pas que nous sommes chez une gynécologue !
C’est donc normal qu’elle me pose cette question.

Niveau administratif, ce sera TOTALEMENT pris en charge par l’ALD. Zéro pépette à sortir.
Puis elle est safe, alors je la conseille aux mecs trans, aux femmes trans opérées (parce qu’elle a dit que l’organe génital masculin était trop compliqué pour elle), et aux lesbiennes, bies, queer, etc.

Moi, je garde la madame. Voilà.

Perso | THS - 2ème Mois | 27.03.2015 - 20 h 16 | 1 COMMENTAIRES
Des Dates Plein La Tête.

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Aujourd’hui, 27 Mars 2015, Damia et moi fêtons nos un de rencontre. Nous nous sommes rencontrés à CIGaLes. Notre rencontre dans cet article : Les Cigales et La Fourmi

Nous fêtons nos un an de relation. Car le 23 avril 2014 nous nous sommes mis ensemble, mais beaucoup de 23 nous ont porté la poisse.
Donc on triche. Voilà.

Le 27 Mars, c’est aussi deux mois après mon Coming-Out.

Deux mois et trois jours après avoir vu ma grand-mère pour la dernière fois.
Un mois et une semaine après avoir vu ma mère pour la dernière fois.
Je ne vois que mon père une fois par semaine, pour conduire.

Mon seul lien avec ma famille se résume à mon permis.

C’est grâce à l’éducatrice spécialisée de l’Adosphère que je l’ai compris.

Réussir mon permis, ce serait peut-être le moyen que mes parents soient fiers de moi. Mais après ? Ça y est j’ai mon permis et ? Au revoir ?
Le rater, ce serait le repasser à Dijon, payer seul plein pot et avoir la déception de mes pairs sur les épaules.

Sacrée pression.

Je voudrais quand même que nos retrouvailles avec mon père ne se limitent pas qu’à ça.
Je voudrais revoir ma grand-mère qui me manque… Je compte chaque jour sans l’avoir vu.
Je voudrais revoir ma mère qui me manque aussi… Je compte chaque jour sans ses nouvelles.

Hier, le 26 Mars, j’ai été donc à l’Adosphère voir l’éducatrice spécialisée qui me suit depuis le 5 janvier environ.

Et elle m’a aidé à me rendre compte de pas mal de choses.
Elle m’a donné des adresses pour trouver un emploi sur Dijon, en tant que moins de 25 ans, et aussi un centre où il y a des consultations auprès de psy-chologues, -chiatres, -chothérapeutes gratuites.

Et hier, c’était aussi ma première année CIGaLes-ienne !

Yep, ça fait un an qu’ils me supportent !

Un an à CIGaLes. C’est-à-dire, de belles rencontres, une découverte sur soi-même, beaucoup de remise en question, une volonté militante qui s’accroît chaque jour et…

Une belle rencontre. Je t’aime Damia.

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Damia.

Je t’aime.