6987 Peur | Se découvrir FtM…

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

Se découvrir FtM...
Les questions, les réponses...
Perso | 18.04.2016 - 15 h 49 | 1 COMMENTAIRES
Être Trans (NB) et Autiste (Auto-diag) sur les réseaux sociaux.

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Un article légèrement hors-sujet par rapport au blog. Je parle réseaux sociaux, autisme et transidentité.

Je suis arrivé.e sur Facebook en 2008, peu après son arrivée dans les internets.

J’y allais surtout pour reprendre contact avec des connaissances perdues de vue (à cause de mes nombreux déménagements)
Au début, je parlais surtout via le chat, et je jouais au jeux proposés. je spammais le mur de mes « ami.e.s », en gros.

Puis en 2014, c’est devenu de plus en plus militant. J’ai rejoins des pages des Ft* (personnes assigné.e.s fille à la naissance qui font une transition sociale, médicale, et/ou chirurgicale, etc), des pages de personnes Non-Binaire, etc.
Et à chaque fois, il y avait des désaccords complètement inutiles, souvent basés sur des ressentis personnels. (ex : quelqu’un se dit non-cis, pas trans, pas cis, pas NB non plus. Nous obtenons ainsi un débat sur « ça existe pas »)

Aussi, les publications d’articles buzz psychophobes (qui font du sensationnel sur des personnes malades, handicapées, etc) et transphobes (pour se moquer des personnes trans) avec le lot de commentaires qu’il aurait mieux fallu éviter de lire.

Et, j’ai appris que Facebook demandait à ces utilisateur.trice.s d’utiliser leur état civil. Au début, les premières personnes concernées à ma connaissances étaient les drag queens. Puis il y a eu des dénonciations. Des personnes recevaient un questionnaire de la part de Facebook pour savoir si un.e tel.le utilisait son « vrai prénom »
J’ai eu deux ami.e.s trans qui ont du recréer un compte. Je ne suis resté.e que 6 mois avant de me dire qu’à part risquer mon compte et me prendre la tête, Facebook m’était devenu inutile. Il y avait également la transphobie venant de personnes MOGAI qui devenait insupportable.
Twitter. Je m’y suis inscrit.e plein de fois. J’ai dû tester en 2013 je crois. Mais je n’en voyais pas l’intérêt. Puis l’année d’après, Damia m’y a initié.e en m’offrant des bonnes personnes à suivre. Au fil du temps, je me suis créer un réseau de personnes avec qui j’avais des points communs.

L’avantage, c’est qu’on peut faire disparaître son compte facilement. J’ai du désactiver 10 comptes au total (les derniers inclus)
Pourquoi à chaque fois revenir ? Parce qu’il est tout à fait facile de recréer un compte.

Au début, je faisait beaucoup d’erreurs dans le militantisme. Cissexismes, insultes, violences verbales… Puis j’ai appris, et je me suis formé.e auprès de gens qui savent mieux que moi à l’époque comment parler, s’exprimer.
J’ai appris à laisser aux autres le soin d’exprimer un ressenti, même s’il est différent du mien.J’ai appris à écouter les personnes qui venaient nous insulter afin de leur répondre de la façon la plus adéquate.

Il y a des personnes que j’apprécie beaucoup dans ce réseau social. Pourquoi l’avoir quitté ?

Twitter a changé. Beaucoup trop. Avant, quand quelqu’un disait quelque chose de pertinent, on lisait, on relayait.
Maintenant, c’est la course à la popularité. Et même celleux qui sont populaires malgré elleux, sont plus avantagé.e.s que les autres.
Je faisais partis de celleux qui devaient répéter au moins 5 fois quelque chose, une question, une anecdote, pour avoir quelques réactions. Je devais calculer l’heure où je pouvais m’exprimer. Choisir le bon timing, les bons mots.
Je n’avais plus vraiment d’interactions.
Je parlais dans le vide. Je me sentais seul.e au milieu des 200 personnes que je suivais.

D’ailleurs, j’ai compris aujourd’hui que je n’avais aucune importance sur ces réseaux. Si Damia n’avait pas parler du fait que j’ai désactivé mes comptes, personnes l’aurait remarqué. (4 personnes lui ont dit « J’avais pas remarqué », pour moi, ça veut tout dire)
Donc si quand je parle on m’ignore, si quand je suis pas là je ne manque à personne… Pas besoin d’expliciter.

 

Le rapport avec le fait d’être autiste ?

Pour les interactions plus personnelles, plus intimes, c’est difficile.
Pour savoir comment discuter dans les réseaux sociaux.
C’est dur. Il faut s’adapter sans cesse.

Le pire avait été avec une amie.
Je l’aimais énormément, mais je n’ai pas su faire.
Hospitalisée, elle raconte comment se passe son séjour. Je suis ses tweets.
Avant ce séjour, elle me disait que je pouvais lui demander les raisons de son hospitalisation.

On m’a toujours dit de ne pas poser de questions personnelles. Je n’avais pas osé, elle m’a expliqué quand même.
Pendant le séjour, je me demande non-stop « Je dois lui envoyer une question ou pas ? »
Et je me dit qu’elle doit être blindée dans ses mentions.
Je me dit qu’elle raconte dans ses tweets, que c’est suffisant.
Puis vient la fin de son séjour, je lui demande, mais elle me fait comprendre que je ne me suis pas intéressé.e à elle.
Dans la forme, elle a raison. Une seule question pour 10 jours d’hospitalisation, c’est peu.
Dans le fond, je lisais ses tweets et me demandait si j’allais pas faire une connerie en lui posant des questions tous les jours.

Ma façon de fonctionner m’a dégoûté.e. J’en ai eu marre d’avoir les justifications dans ma tête et de ne pas pouvoir lui dire, car ça passerait pas.

 

Ce racontage de vie, c’est parce que c’est récent, et que ça montre un peu que sociabiliser, pour moi, c’est se demander si on va foirer quelque chose encore ou non. C’est réfléchir 10 minutes à « comment on va dire bonjour à cette personne qu’on connaît ou pas » et on a trop réfléchi et on passe pour un salaud malpoli.

 

Sur les réseaux sociaux comme IRL, on attend de tout le monde qu’iel réagisse de façon neurotypée, uniforme. Seulement, il y a des personnes qui ne savent pas comment réagir (et soit iels font une bourde qui va les mener au harcèlement, soit iels réagissent pas et se font engueuler) ou qui comprennent pas de la même façon que « normalement » (et du coup, se font moquer, humilier).
Une personne autiste ne va pas s’exprimer de la même façon. Difficile de s’exprimer quand c’est le bordel dans le cerveau.
Bizarrement, quand une personne autiste fait une erreur, son autisme disparaît instantanément aux yeux de tout le monde.Un peu comme ces personnes cis qui te genrent (toi, personne trans ou non-cis) correctement quand tout va bien et dès qu’il y a conflit, te mégenrent et utilisent tes pronoms et prénoms d’avant.

 

Sachez, chères personnes cis, NT et allistique, que vous ne savez peut-être pas comment faire avec les personnes trans (« C’est trop compliqué, comment on vous appelle ? Quelles questions sont taboues ? C’est trop dur. ») ou avec les personnes autistes (« On peut pas vous toucher », « Vous supportez pas de regarder dans les yeux »), mais dites-vous que nous, autistes, on sait jamais faire avec vous, NT et allistiques, et on fait avec, car on a pas le choix, vous êtes partout.

 

 

(Allistiques, une personne pouvant être dans les spectre neuroatypique mais qui n’est pas autiste. Un.e neuroatypique (NA) étant une personne qui a un fonctionnement cognitif différent ( dépression, schizoïde, bipolaire, autiste, HQI, BQI, etc.) NT est l’opposition de NA)

 


Ne pas oublier qu’il y a un certains nombre de pots communs de personnes trans qui tournent. Certains sont là depuis un an.
Et à côté, des projets qui ne sont pas dans un contexte social ou vital récolte le centuple.

Liens ==> ICI <== (si il y a des modifications à apporter, (suppression, ajout, modifications) vous pouvez m’en faire part en commentaire avec lien + modifications à faire)

Perso | 31.03.2016 - 10 h 37 | 0 COMMENTAIRES
Aujourd’hui c’est le TDoV. 31.03.2016

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Aujourd’hui, c’est la journée internationale de la visibilité trans.
Aujourd’hui, malgré cette journée, personne ne parlera de nous aux infos.
Personne ne va parler de nous et il n’y aura pas de publicités marketing sur notre dos chez Auchan, Carrefour ou Leclerc.

Aujourd’hui, nous serons peut-être visibles sur Twitter, pas plus loin que la sphère militante.
Sur Yagg aussi, visibilité aidée par les quelques cis qui râleront dans mes commentaires pour dire qu’on parle encore de nous.
Sur Facebook, pas plus loin que dans le cercle d’ami.e.s et des translovers.
Sur d’autres réseaux sociaux peut-être, entre concerné.e.s, sur YouTube, peut-être et encore.

Aujourd’hui, en France, et sûrement ailleurs, en ce jour de visibilité trans nous allons rester invisibles.

Nous avons été invisibles pour le TDoR (journée du souvenirs trans, le 20 novembre dernier et chaque année en Novembre)

Nous sommes invisibles tout le temps, sauf…

Quand ça arrange les parents pour nous invalider
« Regarde ce trans qui s’est suicidé parce qu’il était pas une femme en fait »
Ou encore
« Regarde, elle est morte car elle était trans »

Quand c’est pour se moquer de nous
« J’ai vu cette vidéo buzz où un mec se réveille à côté d’une transsexuelle, il a trop flippé ! »

Quand c’est pour nous agresser, nous insulter, et pire encore
« Punaise, mais t’as vu l’travelo qui vient de passer ? Viens, on lui fait pas la peau ! »
« Hey, toi, t’es un homme ou une femme ? »
« T’es opérée ? Tu t’es faite couper la bite ? Pfrrrr »

Quand c’est pour nous fétichiser
« Tiens, je me ferais bien prendre par une transsexuelle ! »

Et les mecs trans ? Pas d’exemple avec les mecs trans ?
Non.
Premièrement, aux yeux des gens et de la société, nous sommes invisibles. Même s’il paraît que nous sommes de plus en plus connus.
Deuxièmement, nous ne sommes pas cette catégorie qui s’en prend le plus plein la gueule.
Chanceux ? Je sais pas. Et je ne sais pas pour combien de temps encore.

Aujourd’hui, c’est le TDoV et je parle de violence, de transphobie, d’invisibilité.
Parce qu’on en parle jamais.

Enfin, si en novembre de chaque année, où il y a un compte rendu de combien de personnes trans sont mortes assassinées depuis le début de l’année.
Pourtant, nous existons tous les jours.
La violence aussi.

Je parle aussi de cette violence qu’a vécu Damia.

Peu après le TDoV, l’an dernier.
Pour ce jour, elle avait posté une photo d’elle en sous-vêtement sexy sur Facebook.
C’est son corps, c’est son droit, c’est son espace. Personne ne doit la contredire ou lui faire des remarques.

Plus tard, environ 2-3 mois après, il y a eu un débat sur un site qui a publié un article transphobe. Damia est allée commenter, et un mec est venu commenter ceci :

aa0DHlZS

Damia a publié la screencapture sur son Facebook, en dénonçant sa transphobie.
Puis, une « amie », une fille de l’association où nous étions (donc dans la sphère lGb(t)) lui a posté ça :

rL-zfwxF

La violence de ses paroles est terrible.
Elle parle sans savoir ce que c’est qu’être trans.
Elle sous-entend que Damia n’est pas une vraie fille, parce que trans.
Mise à part son paternalisme, si Damia ne cherche pas de boulot, c’est par fainéantise.
Non.
Chercher du travail avec des papiers non-conformes à son identité, c’est se mettre en danger.
Certaines personnes le font, d’autres non.
Ce n’est pas une questions de courage ou volonté.
C’est individuel.
Ce que je dénonce ?
Tout.

L’invisibilité des personnes trans dans la société, au sein même des asso LGBT.
L’invisibilité physique et abstraite des personnes trans.
Quand on sait qu’elles sont là, on les ignore, on les efface, car elles sont « trop compliquées » et on ne cherche pas non plus à savoir comment faire.

Aujourd’hui c’est le TDoV, pour les personnes trans hormonées, opérées ou non.
Pour les majeur.e.s.

On oublie trop souvent nos plus jeunes frangin.e.s de 4, 8, 10, 14, ou 16 ans qui sont obligé.e.s, pour celleux qui savent déjà, de ne rien dire, se cacher, s’enfouir dans un placard très étroit, pour se protéger.
On oublie nos ami.e.s qui ont choisi (ou non) de ne faire aucune opération et/ou de ne prendre aucun THS.
Qui sont invisibles car pas out, ou sans cesse invalidé.e.s (« pas de THS, pas trans »)
On oublie les personnes non-binaires qui se battent pour rester en-dehors des cases binaires.
On oublie ces personnes, enfants, adolescents, adultes, âgées, qui ne savent qui elles sont réellement faute de visibilité trans, faute de repères.
On oublie les personnes trans racisées, celles qui en bavent le plus.
Les personnes trans et handicapées.
Les personnes trans SDF.

Aujourd’hui c’est le TDoV
Aujourd’hui, soyez visibles si vous le pouvez, si vous le voulez.
Aujourd’hui, c’est le moment d’aider une personne à se découvrir, d’aider un personne à sortir de l’isolement.
Aujourd’hui, soyons fier.ère.s de qui nous sommes. D’être arrivé.e.s à combattre mal-être, médecins, transphobie et d’être là pour le clamer.

Soyons nous, et faites fermer leur gueule aux cis qui ont toutes l’année pour être visibles partout, tout le temps et râler contre nos existences.
Luttons contre la SoFECT qui se sert de nous pour se faire du fric et se permet de choisir si on est capable ou non, si on est assez trans ou non pour accéder à ce dont on a besoin.
Soyons solidaires, serrons-nous VRAIMENT les coudes pour nous aider, conseiller quand on le peut.
Oublions nos débats futiles qui nous divisent.
Il est temps de se réveiller et d’arrêter de se faire bouffer et marcher dessus.

Aujourd’hui c’est le TDoV, je suis là, bien vivant, j’existe et je ne suis pas seul.

 

 

 

Perso | THS - 7ème à 12ème mois | THS - 9ème mois | 05.11.2015 - 12 h 27 | 4 COMMENTAIRES
Mettre Les Choses À Plat. (Partie 2)

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , ,

Jour-J !

Malgré la prise du médicament à 21h, je me suis endormi vers 23h et réveillé à 4h.

J’ai sûrement somnolé car l’infirmière est arrivée à 7h30 sans que le temps m’eût parut long.

Elle prend ma tension, température aux oreilles, et cherche une veine dans mon bras droit.

Finalement elle piquera pas, ayant trop de difficulté à piquer.

Elle dit que je peux prendre ma douche, et pose un gobelet sur ma table mobile et me dit que je le prendrais quand le brancardier viendra.

Je lui demande s’il est possible de me laver les dents, car le matin, à jeun, c’est limite.

Mon opération est prévue entre 12h et 14h.

8h00, je me lave les dents, prends ma douche désinfectante et m’habille avec la blouse d’opération et le slip fait pour.

Et j’attends qu’on me mette le cathéter.

10h environ, on me pose le cathéter, ça fait mal, on me le pose sur la main, car rien de possible ailleurs.

Suite, l’infirmière me donne un médicament à boire pour quand le brancardier viendra et me dit de ne pas oublier la oublier la blouse.

Vers 13h35, après une longue attente, je suis amené au bloc opératoire.

Les infirmière qui se sont occupées de moi m’expliquaient bien ce qu’il allait se passer

Je suis rassuré, et moins stressé.

On m’injecte le produit pour m’endormir, je trouve marrant la sensation, et je m’endors.

Je rêve un peu durant le sommeil artificiel, et je lutte pour me réveiller, c’est difficile, mais j’y parviens en disant des choses qui n’ont ni queue ni tête et faisant du chantage à l’infirmier (oui, je ne lui dis pas si j’ai mal, s’il me dit pas que je suis plat)

À 16h45 je suis donc réveillé, à 18h je retourne dans ma chambre.

Ce fût long car il n’y avait qu’un seul médecin en salle de réveil pour 5 ou 6 patients.

Du coup, je lui posais mes questions quand il venait s’occuper de moi.

Il m’a mis des anti-douleurs, j’avais mal à 3/10 en me réveillant, et il a attendu un quart d’heure pour voir si ça passait ou non, et je lui ai dit que c’était toujours à 3/10, pas plus.

Je raconte tout cela de mémoire pour le jour-j, car j’avais trop peu de mobilité, et écrire n’était pas confortable, et un peu douloureux.

Je ne peux que manger 2h après mon retour en chambre, et je ne peux pas me lever seul la première fois, ni avant le repas.

Un infirmière m’apporte donc une bassine pour uriner.

On me donne de la glace, pour mettre sur le torse, ça soulage, je suis surpris que ça soulage autant.

On me la change toutes les trois heures, mais il faut pas hésiter à appeler si jamais j’en re-veux ou si ça se réchauffe trop vite.

20h40 je mange enfin, et à peine fini, je veux aller aux toilettes, j’appelle donc l’infirmière de garde qui me dit d’y aller doucement.

Je m’assois, ça tire un peu, mais c’est normal car la première fois que je me lève depuis l’opération.

Je me mets debout, accompagné du porte perfusion, et je vais aux WC.

Plus tard, je pourrais retourner au WC seulement avec Damia, car il y a un appareil à débrancher et rebrancher.

Je m’endors rapidement et je me réveillerais environ toutes les trois heures, c’est-à-dire quand vient l’infirmière de garde pour savoir si tout va bien.

Je lui dis que la glace m’encombre et que je souhaite en avoir que pour le réveil officiel, vers 6h30,

J+1

7h30.

J’avoue qu’il n’est pas évident de dormir, je n’ai qu’une seule position, sur le dos, alors je varie comme je peux avec les jambes.

Le lendemain matin, l’infirmière prend ma tension, la température, et me donne la glace.

Elle me demande pour la douleur, je suis à 2/10, j’arrive très bien à situer ma douleur, ce qui est très pratique pour le personnel médical, savoir exactement où je me situe.

Je demande s’il est possible de me retirer le cathéter, qui est gênant, elle ne sait as encore.

On verra bien.

Elle me demande s’il y a besoin d’aide pour la toilette. Je dis que je préfère que ça soit Damia qui me la fasse, et pour le gilet, elle me dit « Pour l’enlever, asseyez-vous car ça peut libérer de la tension d’un coup et donner des vertiges » Je lui dis que je ne suis pas prêt encore pour ça, elle me répond qu’il n’y a pas de problème, que demain, elle sera obligé de changer les pansements, donc j’ai encore 24h pour anticiper.

Toute la journée, je dormirais encore, car l’anesthésie nous laisse dans le brouillard assez longtemps après l’opération.

À 13h environ, le chirurgien arrive comme une tempête dans ma chambre, je dormais, il vérifie, tout va bien !

Je suis son troisième patient à ne pas avoir de drain, je ne sais pas trop pourquoi cette méthode et pas une autre, mais c’est sûrement trop technique.

Il dit que je peux sortir vendredi, mais n’ayant pas de moyen de transport avant samedi, nous le lui précisons : pas de problème !

Vers 15h, son épouse passe me voir, pour s’assurer que tout va bien, nous donne quelques consignes rassurantes et repart presque immédiatement.

Je note que j’ai plus de mobilité que la veille, et je peux me laver les mains sans avoir trop de difficulté.

Nous ne sommes que mercredi, et j’ai une petite appréhension pour le retour en voiture (avec les secousses).

Nous verrons bien.

16h, une armée d’infirmier.ères arrive, Mes anti-douleur sont terminés, et je le comprends car la machine avertis que c’est terminé avec une alarme, et une douleur là où est posé le cathéter. J’en conclue donc que au torse tout va bien.

On m’enlève le cathéter, on me prend la température et la tension et on me donne de la glace.

Tout ça en même temps !

Me voici devenu sans-fil, libre.

Je suis plus libre de mes mouvements, je n’ai pas mal au torse, tout va bien.

Rien à signaler jusqu’à cette nuit, où j’ai vraiment eu du mal à dormir.

Dafalgant et un autre médicament n’auront pas beaucoup d’effet.

J+2

Il faut que je bouge plus me dit-on, alors Damia me fait ma toilette et je marche un peu dans la chambre en attendant le chirurgien pour le changement de pansement.

Il arrive, je m’installe sur le lit.

Il enlève le boléro et le pansement. Je suis assez surpris de n’avoir mal qu’au milieu, entre les seins.
(oui, c’est toujours des seins que j’ai, même si c’est plat)

Le dessus des seins sont gonflés, ça fait encore des œdèmes, la cicatrices est plongée dans la chair.
Bref, je ne me suis pas attardé dessus. Le chirurgien ne m’oblige pas à regarder.
Il est satisfait, il nous explique un peu tout ce qu’il a fait, quelle cicatrice représente quoi, etc.

Ensuite, il nous dit de patienter, que quelqu’un va venir refaire un pansement neuf.

Nous attendons bien 10 minutes, je ne me sens pas bien avec les cicatrices ainsi, à l’air libre.

L’infirmier arrive, nettoie les plaies avec une douceur à peine croyable et remet un pansement neuf.

Il me ré-agrafe le boléro et je prend un peu de temps pour me remettre de tout ça.

Damia m’a ensuite lavé les cheveux et aidé à mettre un short.
Je ne peux pas mettre de T-shirt, alors je mettrais une veste.

Je pourrais me balader dehors s’il fait beau demain.

Perso | THS - 7ème à 12ème mois | THS - 9ème mois | 04.11.2015 - 17 h 33 | 0 COMMENTAIRES
Mettre Les Choses À Plat. (Partie 1)

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , ,

Pré-op :

Me voici actuellement à Montauban, accompagné de Damia, dans ma chambre de la clinique du Dr C. qui m’opérera demain.

Cette article est écrit au fur et à mesure des évènements. Certains faits évoluent, donc.

Je vais vous décrire mon séjour de façon à ce que les personnes qui subiront une mastectomie totale aient connaissance de ce qu’il se passera. (Cela peut varier d’un.e clinique/chirurgien.ne à un.e autre)

Nous avions rendez-vous pour l’anesthésiste le vendredi 30 octobre à 14h10, il faut le voir au plus proche de l’opération 3 jours avant celle-ci, au plus tard, un mois.

Me faisant opérer le 3 novembre, et habitant encore loin, j’ai choisi de rapprocher le plus possible le rendez-vous, pour ne pas avoir des frais de transport trop important.

L’anesthésiste qui s’occupera de me mettre dans les vapes est âgé, mais agréable, respecte mon identité.

Dans son bureau, il pose les questions habituelles d’un anesthésiste, autrement dit mes éventuels allergies, opérations passées, etc.

(Je lui ai parlé d’une petite inquiétude au niveau du cœur, il a fait un papier pour le cardiologue, et en fait j’ai rien, donc juste ouf)

Ensuite, nous sommes rentrés à l’hôtel. Et avons passé un week-end au calme.

Lundi, nous quittons l’hôtel à midi, et nous partons pour la clinique immédiatement.
Il est prévu que j’entre à 16h30, mais nous demandons à l’accueil, la chambre n’est pas prête.
Nous attendons sur des fauteuils forts confortables.

15h30, un infirmier vient nous chercher, nous présente notre chambre.
Je suis en chambre seule, c’est très spacieux.

Il y a mon lit, une table de chevet, un grand bureau et son siège, un fauteuil une table qui passe au dessus de ton lit (j’adore ces tables, il m’en faut chez moi).

Nous avons à disposition une salle de bain spacieuse quand même et une penderie pratique (mais pas suffisante pour toutes les robes de Damia)

L’infirmier nous laisse nous installer un moment en prévenant qu’il revient pour me raser la poitrine, et revient avec un lit pour Damia.

Repart et revient immédiatement après avec une petite tondeuse pour le rasage.

Il me rasera tout au-dessus du nombril (c’est-à-dire beaucoup), le torse, les seins, les aisselles et les bras (pas les avant-bras).

Pendant le rasage il remarque que je me gratte entre les seins et dessous chacun d’eux, j’ai de l’eczéma, ça fait deux mois que j’en avais sans savoir ce que c’était…

Il revient après me mettre une sorte de talc exprès pour soigner cela.

Et s’en va.

Donc, rasé, poudré, j’attends le chirurgien pour les marquages.

Un autre infirmier arrive, me demande si je suis bien [Nom, prénom légal] afin de vérifier quand même administrativement.

Voyant ma tête fort peu ravi il me dit, gêné « Enfin… Pour le moment »

Je précise que sur les listes, je suis Monsieur [Nom de famille, prénom légal] afin d’être genré correctement. À l’oral, je suis « Monsieur » et « il », d’où mon indifférence pour le détail administratif.

Il me fais signer quelques papiers, me demande le dossier de consentement du chirurgien, enfin, surtout de la paperasse, c’est pas long, c’est pas contraignant

Ensuite, il me raconte un peu, il dit qu’il saura vers 19h les plannings, donc l’heure à laquelle je serais opéré.

Donc je ne serait peut-être pas opéré l’après-midi comme prévu, mais le matin ? Je ne sais pas.

18h15, on m’apporte mon plateau repas, c’est pas trop mauvais, mais j’ai été vite calé (le stress?)

À 19h, un anesthésiste de garde vient vérifier si tout va bien, s’il y a des traitements en cours depuis le dernier rendez-vous. Il est resté une minute à tout casser.

À 19h30, le Dr C. nous attend à son cabinet, un.e patient.e et moi.

La jeune personne passe avant moi, et, lorsque c’est à mon tour, j’enlève ma veste et mon T-shirt (oui, j’avais une veste alors qu’il fait 25°C dans l’établissement, mais que voulez-vous, je complexe dur)

Il m’a fait les marquages, là où il y aura les téton, la taille des tétons, quelle partie va partir (bye bye!) etc.

Je serais opéré en début d’après-midi.

Je suis revenu, j’ai pris ma douche à la Bétadine, et hop, au lit.

Un infirmier est venu donner des draps à Damia pour son lit.

Il m’a dit que si je voulais un détendeur (médicament pour me détendre) il suffisait de demander, et que je ne devais plus rien consommer à partir de minuit.

Une infirmière de garde arrive à 20h40, elle propose un médicament pour m’aider à dormir, et me dit ce qu’il se passera demain.

On me posera un cathéter au bras, je vais devoir prendre ma seconde douche à la Bétadine et enfiler la tenue de combat.

 

Suite au prochain article.

Perso | THS - 7ème Mois | 24.09.2015 - 16 h 18 | 0 COMMENTAIRES
Au Sein De Bergerac

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , ,

De retour sur internet, me voici avec des nouveautés !

Le 12 Septembre, à 6h, nous avons quitté la Bourgogne pour rejoindre la Dordogne (Voyez la rime)
Après un long périple de sept heures, pauses non-comprises, nous arrivons à Bergerac à 15h environ.
Les parents de Damia nous accueillent, nous visitons l’appartement, il est spacieux.
Avec cuisine, salon, chambre et salle de bain séparées, et non tout dans la même pièce.
Nous déchargeons la remorque et la voiture, et c’est parti pour une partie du rangement ! (que nous terminerons le lendemain)

Ce qui est plus impressionnant, c’est que la taille de notre chambre + salle de bains fait la taille de notre ancien appartement.
Maintenant, nous avons un 38m² (avant, un 12m²) Le plafond haut, les pièces bien distinctes, un balcon et des fenêtre pour aérer et éclairer notre chez nous.
Nous avons tellement peu de choses que ça résonne encore dans l’appartement, mais nous remplirons cela au fur et à mesure.
Comme j’ai pu libérer l’espace qui m’entoure, je me suis mis à ma passion : la cuisine.
Je passe jusqu’à 7h à cuisiner par jour pour Damia et moi, c’est vraiment un bonheur.

Je ne posterais pas de photos de l’appartement sur le blog car les personnes les plus proches les ont déjà vues, et c’est suffisant pour moi.

Nouvelle toute fraîches d’hier : j’ai vu le Dr Coustal qui m’opèrera (mastectommie).
Je serais pris en charge le 2 novembre et opéré le 3 novembre !
Me voilà bien chanceux d’être opéré à 9 mois de THS et par un chirurgien qui a une bonne réputation et me respecte.
De plus, je porterais mon boléro post-opératoire en novembre, où les températures ne sont pas étouffantes, ce sera que mieux !

Je mettrais mon binder en vente après cela, afin de faire profiter un.e ami.e

Je reste à disposition pour des renseignements par rapport à Dijon, autrement dit lieu d’écoute pour le ado – jeunes adultes jusqu’à 25 ans, associations, professionnels de santé safe, etc. Il suffit pour cela de me demander par commentaire (en précisant si oui ou non je publie).

Je vous tiens au courant pour la suite :)

Perso | THS - 2ème Mois | 04.04.2015 - 22 h 15 | 4 COMMENTAIRES
Ma Chance Avec Les Médecins. Jamais Deux Sans Trois.

Étiquettes : , , , , , , , , , , ,

Je reviens d’une longue période sombre, et me re-voilà avec cette nouvelle !

Ce matin (Un lapin… A tué un chass… euh non), 2 avril 2015, 7h30, le réveil sonne. Trois heures de sommeil. C’est dur.
Et j’ai peur.

Après toutes les horreurs que j’entends sur les médecins envers les trans… J’ai peur.

Ce matin, je dois aller voir une gynécologue. Elle est chirurgien et fait partie des médecins sur la liste blanche (liste non-publique) des professionnels de santé s’occupant de personnes trans. Elle s’est engagée personnellement dans l’accompagnement des FtMs.
Je suis allé la voir pour me renseigner pour l’hystérectomie.

Je comptais subir en première intervention l’hystérectomie. Pour me débarrasser de… Ce… Truc ?

Bref.

À neuf heures, heure du rendez-vous, nous sommes appelés (oui, Damia m’a encore accompagné, quel amour ^^ )

Je lui explique ma situation, que je suis en transition, que je souhaiterais avoir tous les renseignements possible car c’est une opération qui me semble extrêmement importante.
Elle paraît sèche au début, elle me demande ma situation familiale, mes parents, les éventuelles maladies dans la famille qui peuvent être dangereux pour un acte chirurgical (problèmes de cœur, etc.)

Et m’a demandé, un peu par curiosité, mon ressenti par rapport à ma transidentité, mon corps. Si c’est pendant l’enfance ou l’adolescence que c’est apparu. En tant que médecin volontaire pour l’accompagnement des FtMs, cette question me paraît tout bonnement bienvenue.
Je lui explique que je souhaiterais commencer par cette opération.
Elle est assez surprise, la plupart des FtMs commence par la mammectomie.

Je lui explique que j’ai peur par rapport aux risques de cancer et autres. Elle me rassure, puisque je n’ai aucun antécédent dans ma famille, que je ne fume pas, je ne présente aucun risque.
Et bien qu’elle connaisse le sujet des FtMs, elle me dit : « Je me base sur des statistiques, et je ne veux pas qu’après il y aie des regrets de ne pas avoir pu procréer »

[TW description hystérectomie, chirurgie]

Elle me raconte brièvement le déroulement de quand je prendrais rendez-vous pour l’intervention.

On me proposera de conserver mes gamètes, et me prévient qu’elles me seront disponibles tant que mon état civil ne sera pas changé. Elle montre même un signe de désapprobation quant à cette loi.

Je change d’identité, je deviens une autre personne aux yeux de la loi, je « renais » donc mes cellules reproductrices ne sont plus les miennes.
L’opération elle-même c’est trois petits points, dont un dans le nombril (ischhhhhh) pour faire passer la caméra endoscopique, et deux autres plus bas pour détacher l’utérus. Il sera retiré par voie vaginale. (Anesthésie générale)

Ensuite, je reste entre deux et trois jours à l’hôpital (« Vous êtes jeune, en bonne santé ! On se remet vite ! »), entre cinq et six semaines sans rapports sexuels, sans bains, et la revoir pour examen post-opératoire.

[Fin TW description chirurgical]

 

Elle me dit qu’elle pourra pas pratiquer d’intervention avant un an d’injection. Donc pas avant le 6 février 2016. Ça ne me paraît pas si loin.

De plus, elle préfère que je fasse la mammectomie en premier : « Les seins, je sais bien que vous n’en voulez plus, mais ça peut se remettre en cas de regrets. Alors qu’un utérus non. C’est irréversible. »
Elle comprend que je rejette totalement ma poitrine, mais me dit qu’elle se fie à ses statistiques et qu’aussi, elle préfère ne pas avoir devant un patient avec un regret immense de l’acte chirurgical.

Elle m’explique que la testostérone va faire diminuer ma poitrine, et que je pourrais avoir la péri-aréolaire. Je lui dit que ma taille est trop importante encore, mais elle me rassure et insiste : « ça va encore perdre du volume. »
Je suis assez surpris. Agréablement surpris.
D’ici six mois d’injection, ma poitrine aura sa taille réduite au minimum, biologiquement possible.

Je lui demande pour un aspect physique extérieur qui me complexe énormément : mes hanches. Est-ce que ça va changer, sans sport, déjà ? Elle me dit oui. La graisse va en effet se répartir comme chez les sujets « mâles ».
Damia lui demande si ma densité osseuse va augmenter, elle nous répond que non, mais que les muscles peuvent le « faire croire ».

Je lui demande par rapport à l’hormonothérapie, quels sont les effets de la testostérone sur le cycle menstruel. La testostérone bloque l’ovulation. « Les ovaires sont en vacances là ». COOL
Au moment où j’étais en rendez-vous avec elle, j’avais quelques saignements, car j’étais dans la période qui s’apparenterait aux règles. Et elle m’a confirmé que ce serait la dernière fois que j’aurais mes règles (EPIC WIN)

Ensuite, elle m’a demandé quelle est mon orientation sexuelle, ou plutôt, quelle est ma sexualité actuelle (homo, hétéro), je lui présente ma concubine ici présente.
La question peut paraître déplacée, mais n’oublions pas que nous sommes chez une gynécologue !
C’est donc normal qu’elle me pose cette question.

Niveau administratif, ce sera TOTALEMENT pris en charge par l’ALD. Zéro pépette à sortir.
Puis elle est safe, alors je la conseille aux mecs trans, aux femmes trans opérées (parce qu’elle a dit que l’organe génital masculin était trop compliqué pour elle), et aux lesbiennes, bies, queer, etc.

Moi, je garde la madame. Voilà.

Perso | THS - 2ème Mois | 08.03.2015 - 22 h 27 | 0 COMMENTAIRES
Nouveautées ?

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Salut tout le monde,

Je reviens après un sacré orage dans ma tête.

 

Donc aujourd’hui 8 mars 2015, je vous fait part d’un peu toutes les nouveautés.

J’ai appris durant mon séjour que je suis un agenre-fluide. C’est varier entre la position neutre et masculine.
Car j’ai remarqué que peut-être je pourrais éventuellement porter une ou deux fois des jupes, mais je ne pourrais pas pour autant m’identifier au genre féminin. Et à cette période là je ne m’identifie pas non plus au genre masculin. Donc j’ai vite compris le truc. Enfin « vite »… Pas trop tard, quoi.

Donc ne soyez pas surpris par les accords tels que dans le titre.

 

J’ai enfin trouvé mon troisième prénom !
Je suis désormais Tom-Alex, Clément, Adriano [Insert here your family name]

Tom, car c’est le prénom auquel je me suis toujours identifié,
Alex, pour deux raisons.
1) Si j’avais été assigné bonhomme à la naissance, mon prénom aurait été très certainement Alexandre (ou Adrien, mais le couple d’amis de mes parents ont un fils qui s’appelle Adrien)
2) Étant Agenre-fluide, Alex est androgyne, et donc ne permet pas de définir de genre proprement parlé
Donc j’associe les deux pour en faire mon premier prénom :) (et j’ai toujours voulu un prénom composé)
Clément, car la personne qui est très présente pour moi, ma meilleure amie, s’appelle Clémence. J’ai voulu donc prendre son équivalent masculin.
Adriano, il me fallait à tout prix un prénom italien. Et ce fameux Adrien cité plus haut est mon petit frère. De cœur, certes, mais mon petit frère. De même que ça grande sœur est ma grande sœur de cœur.

 

Et…

Hier, le 7 mars 2015, j’ai fêté mon premier mois de THS !

 

 

Voilà, à bientôt !

 

 

Perso | THS - 1er Mois | 05.02.2015 - 19 h 55 | 4 COMMENTAIRES
C’est Mon Anniversaire, Et Pas Celui D’Ta Mère.

Étiquettes : , , , , , , , , , , ,

Aujourd’hui, je suis allé chez l’endocrinologue de Dijon.

Le docteur dont on m’avait dit que c’était pas terrible.

Eh ben je dé-confirme.
C’est un gentil monsieur. Simple. Peu curieux.

Il me demande quelle est la raison de notre venue.
Je lui explique que c’est dans le cadre d’une transition et en même temps je lui dit que j’ai l’attestation psychiatrique, une photocopie de celle-ci, et mon bilan sanguin.

Il me regarde, sans aucun jugement, il lit le dossier que je lui ai donné, il me rend l’originale de l’attestation psy, et me dit que tout va bien, que j’ai deux trucs qui dit que je suis à la limite d’être hyper-thyroïdien, mais rien de grave. Il me dit qu’il faut un caryotype.
Je suis perdu… Mais Damia, qui m’a bien sûr accompagné, lui demande si c’est important là, et s’il faut attendre.

Le docteur répond qu’évidemment non, on peut le commencer, le traitement !

Il me rempli une fiche pour la demande de caryotype et me demande quel type d’administration je préfère : Injection ou orale.
Je lui dit que les injections, ça me semblent un peu fort pour le moment, et lui demande des précisions sur le traitement orale : Pantestone.
Je lui demande, s’il n’y a pas de gel ou une autre solution.

Il me propose l’andractim 2,5%

 

Nous avons un léger problème nominatif. Nous avons pris rendez-vous sous mon prénom masculin, Tom-Alex, or, sur ma carte vitale, il y a le petit « 2 », et le « F » sur ma carte d’identité et ça pouvait poser problème pour l’ordonnance. Donc prénom féminin, mais pas de misgenre ou de jugement.

 

Mais ce n’est pas remboursé ni pris en charge par l’ALD.
Donc 24,90€ de ma poche pour le traitement et 75€ pour la consultation (pas encore eu mon ALD)

[Donc je suis épuisé financièrement.]

Il me prescrit aussi une prise de sang pour dans 4 mois pour voir l’évolution.

Et peut-être que, dans 4 mois, si je me sens prêt, je passerais aux injections.La seule question personnelle qu’il m’a posé est depuis quand j’ai ce ressenti.
Je lui ai expliqué brièvement que je l’ai depuis toujours, que l’enfance, c’était facile de me conformer, mais qu’il y a dix ans, à la puberté, ça a été violent et qu’il y a huit mois seulement j’ai trouvé le mot des maux.

Ce qui est assez marrant, c’est qu’il ne me genrait pas. Il n’utilisait pas de phrase qui nécessitait de mettre un pronom ou un mademoiselle/monsieur.

Était-ce volontairement par précaution ?

 

 

 

Bref, j’ai mon traitement, ce soir, le 5 février 2015 et je le commence ce soir à 19h45.
Ma naissance est entamée.

 

 

Et je vous tiens au courant.

 

Coming-Out | Perso | 05.02.2015 - 00 h 17 | 1 COMMENTAIRES
Paris, Le Deal.

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Aujourd’hui, j’ai déboursé 80€ pour aller à Paris. Et Damia aussi.

Comment pouvons-nous nous permettre de dépenser autant en période de parcours sans ALD et avec des ressources compliquées ?

C’est pas si compliqué.

Mon père n’a qu’un souhait. Que je retourne voir un psy. Qui connaît le sujet des trans.

Je dois donc me refaire valider. Et j’aime pas ça. Demain, je vais voir un endocrinologue et j’ai pas besoin d’une seconde attestation, de rater ENCORE des cours pour ça.

Et aussi : C’est épuisant de toujours avoir à toujours se justifier, se légitimiser, raconter des passages tel que la puberté à ENCORE une personne qui est là pour juger si t’es bien toi.

C’est fatigant. Donc demain, je vais chez cet endocrinologue, en espérant avoir une ordonnance.

Quand j’ai eu mon père au téléphone, je lui ai dit que ça coûterait 80€ à moi et à « une amie », que c’est épuisant et INUTILE.

Et je lui ai fait une comparaison :

Quand on a un accident de voiture.

Mon père est propriétaire d’une voiture.
Je suis la voiture. Nous avons un accident.
Nous-même constatons que le pare-choc avant de la voiture est bousillé. Ça se voit. C’est un constat. Il tiendra pas le choc.
Le garagiste serait l’endocrinologue et les concessionnaires auto seraient les psychiatres. Il nous faudrait juste aller chez le garagiste pour réparer et voilà.
Mais non. Il faut valider chez un premier concessionnaire auto que le pare choc est en mauvais état. Puis après,papa te dit que finalement, c’est un charlatan. Il l’a vu en une seule fois. Alors il va payer des trajets avec un pare-choc qui tient de moins en moins. C’est dangereux. Pour aller voir d’autres concessionnaires auto. Qui mettront peut-être six séances pour s’en rendre compte et te donner ce certificat pour aller chez le garagiste. Et là, oui, papa peut éventuellement croire que le pare-choc est cassé alors qu’il est de plus en plus bousillé.

C’est la même chose psychologiquement. La. Même. Chose.

Lundi j’irais donc à Paris faire ce fichu rendez-vous-perte-de-temps-considérable.

Le seul avantage ? J’y verrai un ami.

C’est tout. Heureusement qu’il sera là, sinon, ça m’aurait VRAIMENT foutu les boules d’y aller JUSTE pour une psychiatre, dont je ne sais même pas si elle délivrera la fameuse attestation.

Je serais le PLUS masculin possible. Mais malheureusement, le corps a ses limites et ce ne sera que « du travestissement masculin ».

Je ferais mon possible pour la convaincre. Pour qu’on me foute la paix avec ça.

Je vous tiens au courant demain pour l’endocrinologue.

Coming-Out | Perso | 30.01.2015 - 14 h 12 | 0 COMMENTAIRES
Les 7 Etapes Du Deuil Dans Un Contexte Trans.

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Depuis mes deux récents articles (ici et ici), je constate quelque chose d’assez flagrant.

Les étapes du deuil. De ma mère.

Je me suis renseigné, et je suis tombé sur ce site : ICI

  1. Le choc : Pourquoi, comment… Plein de questions.
  2. Le déni : Non, ce n’est pas possible.
  3. La colère et le marchandage : Pourquoi ? Tu n’as pas honte ? Tu as pensé à ça ? À nous ?
  4. La tristesse : Ce n’est pas juste, pourquoi elle m’a fait ça à moi, qu’est ce que je vais devenir ?
  5. La résignation : C’est la vie…
  6. L’acceptation : J’y pense, mais ça va.
  7. La reconstruction

 

Je constate donc que suite au Coming-Out avec mes parents (surtout ma mère) il y a eu certaines étapes qui se sont déroulées.

Mardi :

Elle me téléphone, elle est choquée.

 

Mercredi :

Elle me re-téléphone, elle est extrêmement en colère.

 

Jeudi :

Elle dit elle-même être dans le déni et qu’elle ne peut pas accepter
ET AUSSI elle est dans le marchandage car elle me dit « un look garçon-manqué ne te suffit pas ? »

Aujourd’hui nous sommes vendredi, si elle téléphone, je saurais un peu plus où elle en est mais hier, jeudi, je lui ai dit de me contacter uniquement samedi pour me dire quand ils arriveraient.

 Vendredi :

Aucune nouvelle, car comme je le lui ai demandé, elle n’a pas téléphoné et attendu samedi.

 

Samedi :

 

Je vous laisse le soin de lire cet article : Revenir De Loin.

Elle est dans la tristesse. Plus de colère. Plus de chantage/marchandage.
Mais énorme tristesse.

 

 

En ce moment, nous sommes en fin août, et il y a du changement, de la résignation, très peu d’acceptation
Le masculin est difficile, mais pour le prénom, nous avons fait un deal : Alex.

Ça se passe bien

 

Je continuerais donc de mettre cet article à jour au fur et à mesure.

Je ne m’attends pas à de l’acceptation/soutien.

Mais j’ai espoir.