6987 Société | Se découvrir FtM…

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

Se découvrir FtM...
Les questions, les réponses...
Perso | 27.04.2016 - 20 h 09 | 2 COMMENTAIRES
Hystérectomie, CEC, droits et « choix »

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Nouveautés concernant mon parcours.

Il y a 2 mois environ (à savoir que je n’ai aucune notion du temps, donc bon) j’ai parlé avec un ami ayant un parcours trans masculin qui a eu une consultation chez une gynéco pour son hystérectomie. Il m’a parlé de ce rendez-vous comme étant safe. La gynécologue opère les personnes trans masculine, sans exiger d’elleux une mammectomie avant. Juste attestation psy et lettre d’un généraliste (cette dernière information à confirmer) (Pour ce qui est du temps d’hormonothérapie, je ne sais pas)

Je me réjouis d’avoir enfin une adresse confirmée. L’ami se fait opérer un mois après ledit rendez-vous. Il est content des services médicaux.

Je demande à Damia de téléphoner afin d’avoir plus d’informations.
Je me rends compte que c’est une très bonne chose de l’avoir dans son carnet d’adresse : Elle s’adapte à ses patient.e.s pour faire tel type d’opération (hystérectomie total, sub-totale, radicale, ovarectomie, etc.)

Je contacte un ami qui veut faire son hystérectomie avant la mammectomie, car plus urgent pour lui. On se met d’accord pour voir quand prendre rendez-vous pour y aller ensemble. Je suis content.e, ça avance un peu.

 

Et je réfléchis.
Pourquoi je fais cette opération ?
Pour quoi et pourquoi ?Quel est le but de cette opération ?
Est-ce que c’est comme la mammectomie ?
Est-ce que j’en ai besoin, je la veux ?

Cette fois, ça ne se présente pas comme pour la mammectomie. Je ne suis pas enjoué.e de faire l’opération. Je suis enjoué.e de savoir qu’il y a une bon praticienne dans le coin, mais subir l’intervention (subir, et non pas bénéficier) mouaif bof.

Je réfléchis. J’ai pas envie de m’embêter d’une opération qui va me couter de l’énergie, du temps de rétablissement pour modifier une lettre sur mon État-Civil.

J’envoie donc ce matin un message à ledit ami pour l’informer que je ne suis pas intéressé.e par cette opération.

Être stérile pour changer une lettre.
Être stérile pour être reconnu.e comme étant toi.
Je ne compte pas porter d’enfant, aujourd’hui. Je ne veux pas d’enfant, mais je ne veux pas être opéré.e pour faire bonne figure devant des juges « Regardez, j’ai plus d’utérus, je suis un homme ! »
Déjà, j’ai pas de genre, donc pour faire reconnaître ça, grattez-vous.
Mise à part cette histoire de non-binarité, ça va me changer quoi ?
J’ai peur de cette opération, car je ne la veux pas.

Je ne veux pas obéir à un État transphobe et eugéniste.
Demander la stérilisation des personnes trans pour leur accorder des papiers conformes, c’est du chantage.
« Prouvez-nous que vous ne pouvez pas vous reproduire, sous-humains, et on vous donne vos papiers sous réserve que votre tronche nous revient »

 

Après, vous me direz « Mais tu peux essayer d’obtenir ton CEC sans cette opération, non ? Il y a des villes où ça a fonctionné »
Ah oui, je pourrais. Mais j’ai 2 bonnes raisons de pas vouloir faire ça

Premièrement, c’est long, c’est chiant, c’est cissexiste, et on va étudier un dossier que j’aurais monté pour savoir si je suis bien un mec. Sauf qu’ils auront beau chercher, rien en apparence ne prouve que je suis un mec : on s’adresse à moi encore au féminin, je me laisse pousser les cheveux, je ne veux pas me muscler, je déteste la bière et le foot, et, drame, j’adore les robes, le maquillage et le rose.

Deuxièmement, j’ai une seule lettre d’une proche qui atteste de mon genre masculin. En général, il en faut 3 ou 4.
Des personnes moins proches m’ont proposées de m’en faire, malheureusement, on atteste sur l’honneur et c’est vraiment les personnes proches qui peuvent le faire. J’ai refusé leur proposition, très touchante, mais je ne veux pas non plus les faire mentir à l’État. Et je ne peux pas demander à des personnes trans proches de moi de m’en faire car on doit attester avec la civilité légale. Hors de question qu’elles attestent avec une identité imposée.Merci à elleux pour leur propostion, et merci à mon amie qui m’a fait l’attestation.

Cela dit, je ne renonce pas totalement au CEC.

Quand il sera libre et gratuit sur simple déclaration en mairie.

C’est un « choix » que de ne pas vouloir être insulté.e et humilié.é devant des juges, et de continuer à subir un État-civil non-conforme.

 

Ami.e.s des associations LGBT+, créateurs.trices des affichent des marches des fiertés :

Ce n’est pas une gay pride, ce n’est pas la fête foraine.
Le mot d’ordre n’est pas « Droit des trans » gribouillé vite fait sur une belle affiche.

Le mot d’ordre, c’est « Changement d’État-Civil libre et gratuit pour les personnes trans »

C’est pas plus long pour vous faire chier, c’est juste : 1) Détaillé (« droit des trans » c’est quoi ? Quel.s droit.s ? Pourquoi ? Dans quel but ?) et 2) Respectueux (on n’est pas « des trans » mais « des personnes trans », « trans » est un adjectif)

 

 


 

Point voc :

CEC : Changement d’État-Civil, procédure actuellement longue et coûteuse qui permet, à terme, si positive, de pouvoir changer l’ensemble de tous les papiers administratifs selon « l’identité d’usage » comme étant « l’identité légale ».

Hystérectomie : Opération chirurgicale impliquant le retrait de l’utérus, et-ou du col de l’utérus.

Ovarectomie : Opération chirurgicale impliquant le retrait des ovaires.

Eugénisme : Application forcée de la théorie de l’évolution. Ne pas aider des personnes supposées faibles, des personnes ne faisant pas partie d’une élite. Les empêcher de se reproduire. (ex : stérilisation forcée des personnes trans et handicapées)

 

S’il y d’autres mots à préciser, à définir ou un contexte à éclaircir, vous pouvez m’en faire part par commentaire.

Perso | 18.04.2016 - 15 h 49 | 1 COMMENTAIRES
Être Trans (NB) et Autiste (Auto-diag) sur les réseaux sociaux.

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Un article légèrement hors-sujet par rapport au blog. Je parle réseaux sociaux, autisme et transidentité.

Je suis arrivé.e sur Facebook en 2008, peu après son arrivée dans les internets.

J’y allais surtout pour reprendre contact avec des connaissances perdues de vue (à cause de mes nombreux déménagements)
Au début, je parlais surtout via le chat, et je jouais au jeux proposés. je spammais le mur de mes « ami.e.s », en gros.

Puis en 2014, c’est devenu de plus en plus militant. J’ai rejoins des pages des Ft* (personnes assigné.e.s fille à la naissance qui font une transition sociale, médicale, et/ou chirurgicale, etc), des pages de personnes Non-Binaire, etc.
Et à chaque fois, il y avait des désaccords complètement inutiles, souvent basés sur des ressentis personnels. (ex : quelqu’un se dit non-cis, pas trans, pas cis, pas NB non plus. Nous obtenons ainsi un débat sur « ça existe pas »)

Aussi, les publications d’articles buzz psychophobes (qui font du sensationnel sur des personnes malades, handicapées, etc) et transphobes (pour se moquer des personnes trans) avec le lot de commentaires qu’il aurait mieux fallu éviter de lire.

Et, j’ai appris que Facebook demandait à ces utilisateur.trice.s d’utiliser leur état civil. Au début, les premières personnes concernées à ma connaissances étaient les drag queens. Puis il y a eu des dénonciations. Des personnes recevaient un questionnaire de la part de Facebook pour savoir si un.e tel.le utilisait son « vrai prénom »
J’ai eu deux ami.e.s trans qui ont du recréer un compte. Je ne suis resté.e que 6 mois avant de me dire qu’à part risquer mon compte et me prendre la tête, Facebook m’était devenu inutile. Il y avait également la transphobie venant de personnes MOGAI qui devenait insupportable.
Twitter. Je m’y suis inscrit.e plein de fois. J’ai dû tester en 2013 je crois. Mais je n’en voyais pas l’intérêt. Puis l’année d’après, Damia m’y a initié.e en m’offrant des bonnes personnes à suivre. Au fil du temps, je me suis créer un réseau de personnes avec qui j’avais des points communs.

L’avantage, c’est qu’on peut faire disparaître son compte facilement. J’ai du désactiver 10 comptes au total (les derniers inclus)
Pourquoi à chaque fois revenir ? Parce qu’il est tout à fait facile de recréer un compte.

Au début, je faisait beaucoup d’erreurs dans le militantisme. Cissexismes, insultes, violences verbales… Puis j’ai appris, et je me suis formé.e auprès de gens qui savent mieux que moi à l’époque comment parler, s’exprimer.
J’ai appris à laisser aux autres le soin d’exprimer un ressenti, même s’il est différent du mien.J’ai appris à écouter les personnes qui venaient nous insulter afin de leur répondre de la façon la plus adéquate.

Il y a des personnes que j’apprécie beaucoup dans ce réseau social. Pourquoi l’avoir quitté ?

Twitter a changé. Beaucoup trop. Avant, quand quelqu’un disait quelque chose de pertinent, on lisait, on relayait.
Maintenant, c’est la course à la popularité. Et même celleux qui sont populaires malgré elleux, sont plus avantagé.e.s que les autres.
Je faisais partis de celleux qui devaient répéter au moins 5 fois quelque chose, une question, une anecdote, pour avoir quelques réactions. Je devais calculer l’heure où je pouvais m’exprimer. Choisir le bon timing, les bons mots.
Je n’avais plus vraiment d’interactions.
Je parlais dans le vide. Je me sentais seul.e au milieu des 200 personnes que je suivais.

D’ailleurs, j’ai compris aujourd’hui que je n’avais aucune importance sur ces réseaux. Si Damia n’avait pas parler du fait que j’ai désactivé mes comptes, personnes l’aurait remarqué. (4 personnes lui ont dit « J’avais pas remarqué », pour moi, ça veut tout dire)
Donc si quand je parle on m’ignore, si quand je suis pas là je ne manque à personne… Pas besoin d’expliciter.

 

Le rapport avec le fait d’être autiste ?

Pour les interactions plus personnelles, plus intimes, c’est difficile.
Pour savoir comment discuter dans les réseaux sociaux.
C’est dur. Il faut s’adapter sans cesse.

Le pire avait été avec une amie.
Je l’aimais énormément, mais je n’ai pas su faire.
Hospitalisée, elle raconte comment se passe son séjour. Je suis ses tweets.
Avant ce séjour, elle me disait que je pouvais lui demander les raisons de son hospitalisation.

On m’a toujours dit de ne pas poser de questions personnelles. Je n’avais pas osé, elle m’a expliqué quand même.
Pendant le séjour, je me demande non-stop « Je dois lui envoyer une question ou pas ? »
Et je me dit qu’elle doit être blindée dans ses mentions.
Je me dit qu’elle raconte dans ses tweets, que c’est suffisant.
Puis vient la fin de son séjour, je lui demande, mais elle me fait comprendre que je ne me suis pas intéressé.e à elle.
Dans la forme, elle a raison. Une seule question pour 10 jours d’hospitalisation, c’est peu.
Dans le fond, je lisais ses tweets et me demandait si j’allais pas faire une connerie en lui posant des questions tous les jours.

Ma façon de fonctionner m’a dégoûté.e. J’en ai eu marre d’avoir les justifications dans ma tête et de ne pas pouvoir lui dire, car ça passerait pas.

 

Ce racontage de vie, c’est parce que c’est récent, et que ça montre un peu que sociabiliser, pour moi, c’est se demander si on va foirer quelque chose encore ou non. C’est réfléchir 10 minutes à « comment on va dire bonjour à cette personne qu’on connaît ou pas » et on a trop réfléchi et on passe pour un salaud malpoli.

 

Sur les réseaux sociaux comme IRL, on attend de tout le monde qu’iel réagisse de façon neurotypée, uniforme. Seulement, il y a des personnes qui ne savent pas comment réagir (et soit iels font une bourde qui va les mener au harcèlement, soit iels réagissent pas et se font engueuler) ou qui comprennent pas de la même façon que « normalement » (et du coup, se font moquer, humilier).
Une personne autiste ne va pas s’exprimer de la même façon. Difficile de s’exprimer quand c’est le bordel dans le cerveau.
Bizarrement, quand une personne autiste fait une erreur, son autisme disparaît instantanément aux yeux de tout le monde.Un peu comme ces personnes cis qui te genrent (toi, personne trans ou non-cis) correctement quand tout va bien et dès qu’il y a conflit, te mégenrent et utilisent tes pronoms et prénoms d’avant.

 

Sachez, chères personnes cis, NT et allistique, que vous ne savez peut-être pas comment faire avec les personnes trans (« C’est trop compliqué, comment on vous appelle ? Quelles questions sont taboues ? C’est trop dur. ») ou avec les personnes autistes (« On peut pas vous toucher », « Vous supportez pas de regarder dans les yeux »), mais dites-vous que nous, autistes, on sait jamais faire avec vous, NT et allistiques, et on fait avec, car on a pas le choix, vous êtes partout.

 

 

(Allistiques, une personne pouvant être dans les spectre neuroatypique mais qui n’est pas autiste. Un.e neuroatypique (NA) étant une personne qui a un fonctionnement cognitif différent ( dépression, schizoïde, bipolaire, autiste, HQI, BQI, etc.) NT est l’opposition de NA)

 


Ne pas oublier qu’il y a un certains nombre de pots communs de personnes trans qui tournent. Certains sont là depuis un an.
Et à côté, des projets qui ne sont pas dans un contexte social ou vital récolte le centuple.

Liens ==> ICI <== (si il y a des modifications à apporter, (suppression, ajout, modifications) vous pouvez m’en faire part en commentaire avec lien + modifications à faire)

Perso | 31.03.2016 - 10 h 37 | 0 COMMENTAIRES
Aujourd’hui c’est le TDoV. 31.03.2016

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Aujourd’hui, c’est la journée internationale de la visibilité trans.
Aujourd’hui, malgré cette journée, personne ne parlera de nous aux infos.
Personne ne va parler de nous et il n’y aura pas de publicités marketing sur notre dos chez Auchan, Carrefour ou Leclerc.

Aujourd’hui, nous serons peut-être visibles sur Twitter, pas plus loin que la sphère militante.
Sur Yagg aussi, visibilité aidée par les quelques cis qui râleront dans mes commentaires pour dire qu’on parle encore de nous.
Sur Facebook, pas plus loin que dans le cercle d’ami.e.s et des translovers.
Sur d’autres réseaux sociaux peut-être, entre concerné.e.s, sur YouTube, peut-être et encore.

Aujourd’hui, en France, et sûrement ailleurs, en ce jour de visibilité trans nous allons rester invisibles.

Nous avons été invisibles pour le TDoR (journée du souvenirs trans, le 20 novembre dernier et chaque année en Novembre)

Nous sommes invisibles tout le temps, sauf…

Quand ça arrange les parents pour nous invalider
« Regarde ce trans qui s’est suicidé parce qu’il était pas une femme en fait »
Ou encore
« Regarde, elle est morte car elle était trans »

Quand c’est pour se moquer de nous
« J’ai vu cette vidéo buzz où un mec se réveille à côté d’une transsexuelle, il a trop flippé ! »

Quand c’est pour nous agresser, nous insulter, et pire encore
« Punaise, mais t’as vu l’travelo qui vient de passer ? Viens, on lui fait pas la peau ! »
« Hey, toi, t’es un homme ou une femme ? »
« T’es opérée ? Tu t’es faite couper la bite ? Pfrrrr »

Quand c’est pour nous fétichiser
« Tiens, je me ferais bien prendre par une transsexuelle ! »

Et les mecs trans ? Pas d’exemple avec les mecs trans ?
Non.
Premièrement, aux yeux des gens et de la société, nous sommes invisibles. Même s’il paraît que nous sommes de plus en plus connus.
Deuxièmement, nous ne sommes pas cette catégorie qui s’en prend le plus plein la gueule.
Chanceux ? Je sais pas. Et je ne sais pas pour combien de temps encore.

Aujourd’hui, c’est le TDoV et je parle de violence, de transphobie, d’invisibilité.
Parce qu’on en parle jamais.

Enfin, si en novembre de chaque année, où il y a un compte rendu de combien de personnes trans sont mortes assassinées depuis le début de l’année.
Pourtant, nous existons tous les jours.
La violence aussi.

Je parle aussi de cette violence qu’a vécu Damia.

Peu après le TDoV, l’an dernier.
Pour ce jour, elle avait posté une photo d’elle en sous-vêtement sexy sur Facebook.
C’est son corps, c’est son droit, c’est son espace. Personne ne doit la contredire ou lui faire des remarques.

Plus tard, environ 2-3 mois après, il y a eu un débat sur un site qui a publié un article transphobe. Damia est allée commenter, et un mec est venu commenter ceci :

aa0DHlZS

Damia a publié la screencapture sur son Facebook, en dénonçant sa transphobie.
Puis, une « amie », une fille de l’association où nous étions (donc dans la sphère lGb(t)) lui a posté ça :

rL-zfwxF

La violence de ses paroles est terrible.
Elle parle sans savoir ce que c’est qu’être trans.
Elle sous-entend que Damia n’est pas une vraie fille, parce que trans.
Mise à part son paternalisme, si Damia ne cherche pas de boulot, c’est par fainéantise.
Non.
Chercher du travail avec des papiers non-conformes à son identité, c’est se mettre en danger.
Certaines personnes le font, d’autres non.
Ce n’est pas une questions de courage ou volonté.
C’est individuel.
Ce que je dénonce ?
Tout.

L’invisibilité des personnes trans dans la société, au sein même des asso LGBT.
L’invisibilité physique et abstraite des personnes trans.
Quand on sait qu’elles sont là, on les ignore, on les efface, car elles sont « trop compliquées » et on ne cherche pas non plus à savoir comment faire.

Aujourd’hui c’est le TDoV, pour les personnes trans hormonées, opérées ou non.
Pour les majeur.e.s.

On oublie trop souvent nos plus jeunes frangin.e.s de 4, 8, 10, 14, ou 16 ans qui sont obligé.e.s, pour celleux qui savent déjà, de ne rien dire, se cacher, s’enfouir dans un placard très étroit, pour se protéger.
On oublie nos ami.e.s qui ont choisi (ou non) de ne faire aucune opération et/ou de ne prendre aucun THS.
Qui sont invisibles car pas out, ou sans cesse invalidé.e.s (« pas de THS, pas trans »)
On oublie les personnes non-binaires qui se battent pour rester en-dehors des cases binaires.
On oublie ces personnes, enfants, adolescents, adultes, âgées, qui ne savent qui elles sont réellement faute de visibilité trans, faute de repères.
On oublie les personnes trans racisées, celles qui en bavent le plus.
Les personnes trans et handicapées.
Les personnes trans SDF.

Aujourd’hui c’est le TDoV
Aujourd’hui, soyez visibles si vous le pouvez, si vous le voulez.
Aujourd’hui, c’est le moment d’aider une personne à se découvrir, d’aider un personne à sortir de l’isolement.
Aujourd’hui, soyons fier.ère.s de qui nous sommes. D’être arrivé.e.s à combattre mal-être, médecins, transphobie et d’être là pour le clamer.

Soyons nous, et faites fermer leur gueule aux cis qui ont toutes l’année pour être visibles partout, tout le temps et râler contre nos existences.
Luttons contre la SoFECT qui se sert de nous pour se faire du fric et se permet de choisir si on est capable ou non, si on est assez trans ou non pour accéder à ce dont on a besoin.
Soyons solidaires, serrons-nous VRAIMENT les coudes pour nous aider, conseiller quand on le peut.
Oublions nos débats futiles qui nous divisent.
Il est temps de se réveiller et d’arrêter de se faire bouffer et marcher dessus.

Aujourd’hui c’est le TDoV, je suis là, bien vivant, j’existe et je ne suis pas seul.

 

 

 

Perso | 21.11.2015 - 11 h 25 | 1 COMMENTAIRES
Le Jeu Maudit Des Différences.

Étiquettes : , , , , , , , , , ,

Voilà maintenant un an et demi que je suis conscient de mon identité de genre non-cis.

En mai 2014, je prenais clairement conscience de mon identité de genre. À partir de ce moment j’ai pu apprendre pas mal de choses sur la société. Les oppressions, le système dominé/dominant.

Je préviens maintenant que si quelque chose vous semble mal-dit, incomplet ou je ne sais quoi, il faut m’en faire part.

Je vais parler de la différence que j’ai pu ressentir durant trois périodes importantes dans ma vie.

– La première concerne toutes ses années, de ma naissance jusqu’à mai 2014. Quand j’étais sociabilisé comme fille ET que je me conformais à ce genre en pensant l’être.

– La seconde concerne la petite période d’un an, à partir de mai 2014 où je savais être un mec mais que j’étais encore sociabilisé en tant que fille. Ça recouvre la période où je n’avais encore rien commencé jusqu’à ce que les hormones modifient mon apparence et me permettent d’être sociabilisé au masculin, c’est-à-dire jusqu’à juillet 2015.

– La troisième période est entamée depuis peu, elle commence en août 2015 et se finira lors de mon décès (normalement, pas de suite), où je suis sociabilisé au masculin.

 

Première période : Enfance jusqu’à mai 2014 (20 ans)

Durant cette période où j’étais et pensais être une femme/fille, je n’avais pas conscience de l’aspect systémique de la misogynie et du sexisme. C’était tout intériorisé, ainsi que les injonctions.

Je me contentais d’obéir quand je n’avais pas le choix, bien que ça pouvait m’énerver ou me fatiguer.

En ce qui concerne l’apparence, déjà, et le comportement, un peu.

Enfant, il faut dire qu’on me demandait surtout de ne pas me salir. Ne pas traîner par-terre, tandis que mes petits camarades AMAB* pouvaient le faire sous les yeux de leurs parents, indifférents.

Il fallait que je sois propre, que je sente bon, que je ne ne fasse pas de grimace, ce n’est pas joli pour une fille. Il faut se tenir droit, une fille bossue ce n’est pas joli. Et le meilleur : « souris, tu seras plus jolie. »

En classe, on nous reprochait à mes camarades AFAB** et moi de ne pas être calme. Tandis que les AMAB on le leur disait une fois, grand maximum. Histoire qu’iels ne dérangent pas le cours.

À l’adolescence, à partir de l’entrée au collège, les premières injonctions sociale arrivent. Elles ne viennent pas de mes parents (pas encore) mais de l’environnement, le collège surtout.

Les AMAB ne veulent pas de moi, je suis une fille. Les AFAB ne veulent pas de moi, car je ne me maquille pas, je ne suis pas assez féminin, mes vêtements sont pour les bébés. Je suis très candide à l’époque, et ça se ressentait à travers mon apparence et expression vestimentaire de « petite fille »

Quand nous sortions avec mes parents, il y avait toujours quelque chose à dire.

« Souris un peu, montre que tu es heureuse » « tiens-toi droite » « Tu aurais pu t’épiler les sourcils » « Ne mets pas ce pantalon, tu vois bien qu’il n’est plus d’actualité »

Pourtant, le pire étaient les compliments…

« Que tu es jolie » quand je porte un vêtement qui fait trop fille, trop apprêtée, qui ne me plaît pas.

« Tu ressembles à un bonbon » pour dire que je suis mignonne.

« Ah, ben tu ressembles enfin à quelque chose ! »

Toutes ses phrases montraient que ma famille avait un total contrôle de mon propre corps.

Si je grossis, c’est mal. Si je maigris c’est bien.

Dernièrement, un.e AFAB disait que sa grand-mère l’avait félicité.e pour sa récente perte de poids. Iel avait fait une dépression qui lui avait retiré la volonté de manger et sûrement tout sensations de faim.

On oublie totalement ce qu’il se passe derrière, car l’essentiel pour la société et l’environnement, c’est qu’iel ait maigri.

Dans la rue, seul, quand je marchais pour aller au collège, il arrivait qu’une voiture klaxonne. Je regardais, et c’était un homme, ou plusieurs, soit qui regardai(en)t comme s’il(s) découvrai(en)t pour la première fois une personne d’apparence féminine, ou alors s’excitai(en)t dans la voiture.

Ça me flattait à l’époque, puisque personne ne me trouvait désirable.

Maintenant je me dis simplement : « J’avais juste 12 ans, punaise »

Au lycée, vu que je ne m’habillais que de façon neutre, mes parents étaient lourds avec ça.

« Pourquoi tu n’es pas plus coquette ? » « Coiffe-toi, on dirait Marie La Folle ».

Au lycée, on m’évitait. J’étais le bouche trou.

On m’empêche de sortir comme je veux, quand je veux.
Si je veux faire du vélo, il faut que je donne un coup de fil tous les quart d’heure pour signifier que je suis toujours en vie ou que tout va bien.

Si je veux me promener, pas seul. Pas là où c’est désert.

On m’apprend à avoir peur de sortir, peur de l’extérieur, peur des hommes (personnes perçues au masculin)

Puis à la fac, j’ai pu souffler, car je n’avais pas spécialement envie d’obéir aux injonctions des parents. Mais j’avais envie d’être désirable, car je voulais trouver quelqu’un, sincèrement. Mais que la personne puisse m’aimer pour qui je suis, et non pour l’image que je reflète. Dur.

Quand j’essaie de parler, on m’interrompt. Et quand j’arrive à parler, c’est une fois que tout le monde a parlé (j’étais souvent en présence d’AMAB) mais on ne m’écoute pas ou peu.

Mes propos n’invitent pas à une conversation.

Je rencontre Damia, et un mois plus tard, nous sommes déjà à la seconde période.

Avec Damia, je commence à m’intéresser au féminisme et je prends conscience des privilèges, oppressions.

Des différences blanc.he.s/racisé.e.s ; trans/cis ; homo-bi-pan/hétéro ; romantique/aromantique ; allosexuel.le.s/asexuel.e.s ; valides/invalides ; etc.

Et aussi hommes/femmes.

Le sexisme, la misogynie.

Et puis une nuit, à 2h du matin, en rentrant seul, (et je ne vous préciserez pas comment j’étais habillé, car cela n’a strictement rien à voir) je suis victime d’une agression.

Il n’y a personne d’autres que moi que cet individu qui m’aura fait comprendre en un seul geste tout ce que Damia m’apprenait.

À ce moment-là, je prends conscience que mon corps m’appartient, et qu’il n’est pas question que les autres continuent à me juger sur mon apparence.

 

Seconde période : mai 2014 (20 ans) jusqu’à juillet 2015 (21 ans) – Et il y a deux catégories :

  • La première où je n’ai rien entamé comme parcours (mai 2014 à décembre 2015)
  • La seconde où j’ai commencé mais encore perçu au féminin (janvier 2015 à juillet 2015)

 

Mai 2014 à décembre 2015 :

Je prends conscience de mon identité. Je veux être perçu comme homme mais je n’ai pas commencé de parcours.

Je sais qui je suis, mais seul.e.s celleux à qui je l’ai dit le savent.

Donc il faut ajouter la frustration à la colère d’être pris pour un bout de chair à baiser.

Je ne parle pas des « mademoiselle » qu’un.e gentil.le commerçant.e va me dire lorsque je rentre ou sors dans son commerce.

Mais des regards dans la rue.

Ces AMAB qui me regardent de façon répugnante. Je sais qu’ils regardent un homme. Mais eux regardent une femme. (ou un sex-toy, faut voir)

À ce moment là, ça devient intimidant et dysphorisant.

Sachant qui je suis, je refuse de me féminiser. J’arrête de m’épiler, je ne me conforme plus selon le genre qu’on m’assigne.

Oui on parle d’assignation à la naissance (AMAB, AFAB) mais ça ne s’arrête pas là. On pourrait parler de AM et AF (Assigned Male/Female) parce que ça continue tant qu’on est vivant.

Je refuse donc de continuer à me conformer selon le genre qu’on m’assigne encore.

Mes parents n’en ratent pas une.
« Depuis que tu es à la fac, tu te laisses aller » « Tu as grossi » « Tu ne prends plus soin de toi »

« Ton apparence laisse à désirer » etc.

Pour la place dans la société, c’est pareil qu’avant, sauf que j’aimerais être écouté.

Parce que oui, quand ça parle transidentité, je suis concerné, même si je n’ai pas commencé mon parcours.

 

Janvier 2015 à juillet 2015

Mon parcours est commencé, tout est en marche et là aussi ça bloque, car l’attestation et la première injection ne m’ont pas transformé instantanément en homme.

Je sais que la testostérone imprègne mon corps, je sais que je suis un homme, et les gens s’attachent encore l’apparence que je donne.

Personne ne prend la peine de demander « Avec quel pronoms souhaiteriez-vous être adressé ? »

Personne ne me demande avec quels accords et genre je veux qu’on s’adresse à moi.

Alors on choisit à ma place.

Quand je parle, je suis toujours aussi légitime qu’une chaussette dans un frigo, je n’ai pas ma place.

Je ne me sens pas à ma place avec les femmes, et les hommes me font comprendre que je ne suis pas des leurs.

Dans la rue, je suis encore ce bout de chair que les mecs veulent à tout prix regarder, même si je ne me sens pas du tout désirable, et encore moins fille.

Et je n’ose pas prendre ma voix qui a mué pour leur répondre « Tu veux que je m’occupe de toi ? »

Parce qu’ainsi, je ne ferais qu’encourager la transphobie envers les femmes trans.

 

Troisième période : Août 2015 à maintenant (21 et 22 ans et plus encore)

On commence à m’appeler monsieur, sans hésiter, on me laisse plus facilement parler, dans la rue, j’ai toujours mes réflexes et la peur, pourtant je suis ignoré, les personnes perçues au masculin sont indifférentes à ma présence.

On s’intéresse plus à moi qu’avant, des gens me font des réflexions sexistes comme si j’allais approuver (spoil : non)

Je prends conscience de mes privilèges d’homme.

Et bien que j’ai pu vivre au féminin pendant 21 ans, je me dois de laisser la parole aux femmes, aux personnes perçues comme femmes et vivant les oppressions qui s’y attachent, car je suis conscient d’en être débarrassé, et que je le veuille ou non, je jouis de ce privilège.

 

______________________________________________

* AMAB : Assigned Male At Birth, Assigné.e garçon à la naissance.

** AFAB : Assigned Female At Birth, Assigné.e fille à la naissance.

Perso | THS - 1er à 6ème Mois | THS - 6ème Mois | 01.09.2015 - 19 h 54 | 0 COMMENTAIRES
Résultats De 6 Mois De THS

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Quelques nouvelles en ce mardi de rentrée des classes

Point environnement :
Le déménagement avance, les cartons se font, la date est avancée au 12 septembre, l’impatience se fait sentir, ainsi que le stress de ne rien oublier niveau administration.

Point relationnel :
Mes parents ont enfin accepté mon identité !
Dimanche 30 août, je les ai revu pour faire le bilan du déménagement. À la base, on était parti pour louer un camion, mais avec les péages (sinon, c’est 11h de routes), l’essence (c’est un camion…) et la location, ça nous revenez au minimum à 670€

Et bon, je ne fais pas un pot commun pour bouger ma maison…
Et les parents se sont proposés de nous aider, nous héberger les deux jours chez eux avant l’état des lieux et tout…
Au début, j’étais pas du tout réceptif, j’avais peur d’être aidé « par défaut » et qu’on me reproches ma grosse prise de poids
Au final, lors d’un appel, ma mère me demande mon prénom, et je lui dis « Alex » car je préfère y aller en douceur avec eux.
Pour le masculin, je leur demande juste d’essayer, et je leur laisse évidemment le droit à l’erreur.
Du coup, le soir suivant, j’ai reçu un SMS de ma mère avec écrit « Bonjour Alex »
J’ai fait une tête bizarre, j’avoue, c’est tout nouveau, mais j’étais (très) heureux.

Et aujourd’hui, j’ai téléphoné à ma grand-mère, qui a elle aussi adopté le prénom Alex.
Si j’avais été assigné garçon à la naissance, je me serais appelé Alexandre, très sûrement, Et comme j’aime beaucoup Tom aussi, j’ai fait mon mixte à moi.

Point transition :
D’un point de vue social, mon apparence ne laisse plus de doute sur mon genre, les monsieur fusent, et c’est vraiment cool.
D’un point de vue médical, c’est autre chose
J’attends ma mammectomie avec impatience, le pot commun avance, mais j’ai reçu une mauvaise surprise
Mes taux de testostérone ne décolle pas

Voici le graphique

résultats

 

Ça paraît géant comme ça, mais j’ai seulement gagné 0,60ng/mL en quatre mois, c’est très peu, ça devrait être beaucoup plus élevé, je suis à six mois de THS…

Le pire, dans tout ça, c’est que je prend le double de la dose prescrite, parce que je le sentais pas, avec une demie-ampoule toutes les trois semaines.
Maintenant, je me dis que j’ai bien fait, car les taux auraient été beaucoup plus bas et j’aurais été mal, moralement.

D’un point de vue prise de poids, je commence à me ré-alimenter correctement, mais je sens que j’élimine un peu trop d’aliment que je pourrais encore consommer. À surveiller donc…

Perso | 19.07.2015 - 17 h 14 | 1 COMMENTAIRES
Un Test Transphobe Pour Savoir Si T’es Transphobe

Étiquettes : , , , , , , , , ,

Il y a pas dix minutes, je viens d’ouvrir la page de Yagg, en parcourant les rubriques, nouveautés et oh ! je vois un article qui contient un test pour savoir si on est transphobe !

Alors je me lance, afin de voir un peu ce que le test dit !

Voici le lien : TEST

 

Et je vais donc commenter les questions ici

 

123

La première question « Pour vous, qu’est ce qu’une femme trans ? »

La question, ça va, pas trop mal formulée, simple.

Les réponse en revanche, j’en ai trouvé aucune qui correspond à la définition de « femme trans » !
Pourquoi ?

Mise à part les deux premières qui sont totalement fausses, les deux dernières ne sont pas mieux
les deux dernières ne sont pas terribles non plus

Une personne trans n’est pas forcément opérée, une personne trans ne se définit pas toujours comme trans
Je pense à des ami.e.s et moi-même qui nous identifions homme/femme (pour ne parler que des binaires) avant « trans », et certaines personnes refusent l’étiquette « trans », aussi.

 

Question 2 :

Étonnamment, j’arrive à trouver une réponse qui correspond bien.

 

Question 3 :

Pareil que pour la précédente, on peut trouver une réponse adéquate

 

 

45678910

Question 4 :

Elle m’a passablement énervé. La réponse est dirigée, on voit directement laquelle « il faut répondre » en dépit de ce que penser la personne qui répond à ce test. Même ignorant, vous saurez forcément quoi répondre.

 

Question 5, 6, 7 et 8 :

Elles sont correctes, la 5 reste facilement identifiable, mais les 6, 7 et 8 laissent place à la réflexion, enfin !

 

Question 9 :

« Les trans » —-> Nope. On est pas des trans. Nous sommes des êtres humains et n’aimons pas être réduits à l’état de « trans ».
Les réponses sont beaucoup dirigées.

 

Question 10 :

Je note l’effort de vouloir montrer la non-binarité. En revanche, les réponses, ce n’est pas du tout ça.
Une personne non-binaire n’est pas « une personne ni homme ni femme » mais une personne qui peut s’identifier comme n’appartenant à aucun genre (agenre), à plusieurs genres, comme étant non-binaire et rien d’autres, fluides, etc. Il y a autant de non-binarité que de personne non-binaire, et les réduire à « ni homme ni femme » est assez transphobe, enbyphobe (enby = N-B = non-binaire)

 

11 12 13

Question 11 :

La question est un peu chaotiquement formulée, mais on comprend où ça veut en venir.

Les réponses sont pour ma part toutes fausses. Celle qui semble être la bonne réponse est dirigées, une fois de plus, et ça laisse un sentiment de « peut-être »

 

Question 12 :

Rien à dire sur cette question et les réponses.

 

Question 13 :

Je ne vois pas en quoi le fait de connaître une personne trans dans notre entourage à un quelconque rapport avec la transphobie.
Qui vous dit que vous avez un ou plusieurs ami.e.s trans sans que vous le sachiez ?Ce n’est pas écrit sur le front, et iels vont pas le crier sur tous les toits !

 

14 15 16

Question 14 :

Très maladroitement posée, la question, mais ça dénonce au moins ce qu’on aimerait voir disparaître, comme questions à notre égard.
Demander le prénom et pronom, c’est la meilleure réponse parmi ce qui nous est proposé. Mais sinon « Bonjour, comment ça va ? » me semble très très correct pour une première approche.

 

Question 15 :

Rien à dire en particulier. C’est cool d’inclure les pronoms neutres. La question est quand même dirigée, mais ça passe, pour le coup.

 

Question 16 :

Pour moi, la question est très intéressante
Mais AUCUNE réponse n’est correcte. Même si la personne est okay pour qu’on en parle, qui dit qu’elle n’a pas eu de pression ou qu’elle n’a pas osé dire non ?
Tout ramener aux organes génitaux, la transformation est encore du freak-show, et honnêtement, il y a des sujets bien plus intéressantes sur la transidentité que l’opération de réassignation sexuelle ou les transformations physiques, l’ancien prénom, une ancienne photo, etc.

 

17 18 19

Question 17 et 18 :

On est d’accord.

 

Question 19 :

C’est beaucoup plus compliqué que ça. Entre ce qu’on dit et ce qu’on fait, la différence est énorme. De plus le cheminement pour arriver à une éventuelle acceptation est parfois long. Très long…

 

20 21 22

Question 20 :

Euh, vachement, vachement dirigé là. « Comprenez vous que l’on puisse détester les personnes trans? »
Évidemment on va répondre oui et passer pour un gros transphobe.

 

Question 21 :

Je n’ai pas entendu parler de ceci, mais ça me semble évident, car une femme trans c’est une femme. Pourquoi essayer de la distinguer d’une femme cis ? Et la partie de la question « devait deviner qui est une femme et qui est une femme trans ? » autrement dit une femme trans et une femme « normale » ?

Vous ne trouvez pas cette question transphobe ?

 

Question 22 (DERNIÈRE ENFIN) :

Bon, on finit plutôt bien le test. C’est rare que les gens arrivent à faire la différence.
Dommage que la question soit dirigée.

 

 

CONCLUSION

Ce test, bien que la bonne volonté était là, me semble d’une inutilité affligeante.
Pour savoir si quelqu’un est transphobe, il suffit juste de l’entendre parler sur le sujet.
De plus, il existe de la transphobie intériorisée, c’est-à-dire chez les personnes trans elles-même !
Aussi, c’est bien d’avoir visibiliser les non-binaires, mais qu’en est-il des mecs trans ?
Je n’en ai même pas entendu parler !

Ce test est bourré de fautes, n’importe quelle personne transphobe peut aussi tromper le test en répondant par des questions qui lui semble logique et non de son avis.

Je ne vois as pourquoi ce test figure dans la page d’accueil de Yagg puisque celui-ci est pour moi un test transphobe plus qu’un test qui dénonce.

 

 

 

Perso | THS - 4ème Mois | 26.06.2015 - 17 h 20 | 5 COMMENTAIRES
De Retour Pour Un Petit Bilan

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Ça fait un moment que je ne suis pas venu actualiser mon blog, mais me revoilà !

J’espère être un peu plus actif cette fois ;)

 

Alors depuis la dernière fois, j’ai pu faire mes bilans sanguins, et voir l’endocrinologue.

Sa conclusion : Mes taux restent très bas pour 4 mois de THS

Il a donc rapproché les piqûres comme nécessaire. Je prend une demie-ampoule toutes les trois semaines

Donc le 22 juin j’ai pu faire mon injection une semaine avant ! (c’était cool)

 

Mais je vous avoue que je vais voir une autre endoc’ sur Paris bientôt, car entre temps, une amie est venue pour son THS, et il lui a prescrit uniquement de l’androcur pour 4 mois (très déconseillé !!) et a lourdement insisté pour la rediriger vers l’équipe de Lyon (—-> Lol : NOPE)

Sinon, pour vous faire un résumé des changements concrets ces 4 derniers mois

La voix, elle a beaucoup baissé depuis
Les poils, il y en a PAR-TOUT (sauf sur le visage, ÉVIDEMMENT)
Les cheveux ! Ils tombent !
La peau. Au début elle était sèche, et étant donné qu’avant le THS elle avant une tendance grasse, ça m’arrangeait, mais hélas, ce fût de courte durée ! La voici de nouveau grasse, et pleine d’acnée ! (À moi la collection de produits anti-peau grasse !)
Le dicklit qui fait maintenant 6 cm en érection
Je supporte mieux le froid
Je transpire plus vite et je sens plus vite (malgré les trois lavages)
Ma poitrine est vide, plus de glandes mammaires (un peu de bourgeons mammaires, mais surtout de la graisse)
Plus de menstruations !
Mon visage aurait changé
Je suis plus endurant et me muscle très rapidement et facilement
La libido qui augmente
Je suis plus sûr de moi, même si j’ai encore beaucoup de mégenrage.

Il est vrai que le moral est plus stable, que je gère mieux mes émotions, mais ça reste difficile de supporter les « madame » et « mademoiselle », je pense que c’est à cause de mes hanches (très) larges

Donc moins de dysphorie, mais beaucoup de dysmorphophobie

Ensuite, en parlant de dysphorie, j’ai fait l’achat de plusieurs choses entre temps

De prothèses péniennes
J’ai choisis des Mr Limpy, j’ai pris les 4 tailles existantes (y avait une réduction, donc)
D’aspect, c’est très réaliste, la couleur bof, mais bon, c’est pas le truc qu’on sort en public comme ça.
Pour le porter : au début, je le mettais tout seul dans le boxer, contre un autre boxer, et c’est pas pratique du toutla prothèse se balade et avoir deux élastiques de boxer qui serrent les hanches (en plus du pantalon/short !) c’est assez inconfortable.
Le mettre contre la peau, c’est non (c’est sale, et ça irrite)
Donc j’ai fait mon propre harnais, mais ça ne m’empêche pas de le porter très peu.
Les tailles ne sont pas un problème.

Autre achat : le binder

J’avais un underwork comme premier binder, et au bout d’un an de port quotidien, ça s’élargit.
J’avais entre temps pris un autre de la même marque, mais une taille en dessous, et non, ça n’allait pas du tout.
Un ami m’a vendu le sien, un T-Kingdom court, à scratch, ça dépanne bien quand l’underwork me blesse, mais c’est pas top (pour moi)Donc, ayant entendu parler du GC2B, j’ai tenté, un M court noir

Et c’est parfait, les photos :

(underwork long blanc, premier essai VS GC2B court noir troisième jour)

Essai Binder (1) Essai Binder (2)IMG_20150626_083932 IMG_20150626_084001 IMG_20150626_084024

Pour celleux qui voudraient savoir, je faisais un bonnet C à l’époque (cf binder blanc), maintenant, au moins un bon B.
Les deux sont des tailles M, et ont voit tout de même la différence pré-transition VS Testo +4 mois

 

Maintenant, d’un points de vue relationnel

Damia et moi et c’est toujours aussi fort :)

Les géniteurs, j’ai coupé les ponts avec eux (je reçois encore une petite somme mensuel qui m’empêche encore de me sentir libre)

J’ai reçu un appel de ma grand-mère, elle voulait comprendre, m’entendre. Elle m’a écouté, elle est inquiète, elle veut faire des efforts.

Sinon, quelque chose de bien !

Les Marches des Fiertés : J’ai enfin pu faire celle de Dijon et demain, j’irais pour la première fois à celle de Paris !

Mon premier rendez-vous pré-opératoire est prévu pour le 23 septembre, on verra ce que ça donne :)

 

Sur ce, je vous laisse là !

Perso | THS - 2ème Mois | THS - 3ème Mois | 08.04.2015 - 18 h 58 | 3 COMMENTAIRES
Deux Mois De THS.

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Le dimanche 5 Avril, j’ai fait ma troisième injection, donc je termine mon deuxième mois de THS et commence mon troisième !

Un petit bilan de ce deuxième mois ?

Psychologiquement :

Ça allait très mal, autant l’admettre.
Moral à zéro pendant au moins trois semaines.
J’ai compris que la raison n’était pas que l’entourage et leur misgenre à mon égard ou l’incompréhension des personne cisgenres, mais bel et bien le dosage.
Le dosage était mal fichu.
Pour rappel, j’ai une demie-ampoule toutes les quatre semaines. Ce qui est peu, car la testostérone a le temps d’être absorber et rapidement, car peu de dosage pour mon organisme. Ce qui peut entraîner de fortes baisse de moral.

Du coup, je ne sors plus, sauf obligation, de l’appartement (je ne suis pas sorti depuis six jours, à l’heure où j’écris l’article)

 

Physiquement :

Le développement des poils est de plus en plus visible.
Ils se sont développés sur le ventre, torses (protubérances graisseuses comprises), cuisses, bras et menton !

J’ai autant de bouton que de poils sur le menton, mais j’en ai une bonne dizaine qui piquent et qui sont bien noirs, je n’aurais peut-être pas besoin d’utiliser l’astuce du mascara. De plus ça pousse très rapidement. Le lendemain après le rasage, on peut sentir assez bien la repousse.

Seins vidés, il ne reste que le bourgeon mammaire.

Ma voix est revenue comme avant suite à un coup de stress et une perte de confiance en moi.
Mais je travaille dessus

Le dicklit qui prend une forme plus semblable à celle d’un pénis (ça y ressemble, quoi)

Les cheveux qui pousse à une vitesse hallucinante.

Les règles, je les ai eu très peu. Juste de quoi m’embêter en fait.

Toujours 6 jours après l’injection, je suis complètement HS. D’où une nécessité de rapprocher les injections.

 

Caractère et tempérament :

Bon, comme je l’ai dit, c’est un peu biaisé par le mauvais dosage, donc je ne sais pas si c’est pertinent.
Plus impulsif qu’avant.
Deux semaines avec un super moral et deux semaines avec un moral très bas.

 
Une petite précision par rapport à mon injection de dimanche : [TW piqûre]

Je n’ai pas bien compris cette fois pourquoi elle m’avait fait aussi mal. On avait pris le quart extérieur et supérieur de la fesse, comme c’est conseillé, Damia a suivi les consignes de d’habitude, et pourtant, j’ai eu extrêmement mal.
Au moment de l’insertion de l’aiguille, j’ai ressenti une énorme douleur, puis une sensation de chaleur très désagréable qui monte du bas du dos jusque dans la tête, avec envie de vomir et sensation de « partir », un peu comme un évanouissement.
Rien de grave, je n’ai ni vomi, ni ne suis tombé dans les pommes.
Mais j’ai un petit peu peur pour la suivante.

Et je précise que j’ai changé le dosage : trois quarts d’ampoule. On verra si ça change quelque chose.

[Fin TW piqûre]

 

 

Bon, je vous raconte un peu la raison de ce passage à vide, qui a été provoqué non seulement par une dissipation des hormones mais aussi par des faits qui se produisent et qui me touchent.

Donc les « madames » et « mademoiselle » tout le temps, avec un banquier au téléphone qui, pourtant, connaît la situation, ou un boulanger qui, le pauvre, ne sait rien et c’est d’autant plus blessant, car ça veut dire que la personne se base sur l’apparence.

 

Le pire a été un samedi après-midi à mon association. (Association LGBT)
L’activité est réservée aux jeunes entre 14 ans et 25 ans.

Sans entrer dans les détails, tout se passe bien.
J’ai mes vêtements « masculins », mes bijoux de bonhomme, ma voix bien grave et ma confiance en moi.

Je précise que je me présente en tant que Tom-Alex, en administrateur, et ceux qui me connaissent autour de moi me genre au masculin.

 

Vers la fin de l’activité, où tout pour moi me semble acquis, un des nouveaux me genre au féminin. Choc.
Je ne comprends pas.
Juste avant, je parle de ma transition, de ma barbe naissance, j’ai ma voix grave, on m’appelle Tom-Alex et on me genre au masculin, mais je ne comprends pas.

J’essaie de me convaincre que j’ai mal entendu. Ou que j’ai du me planter quelque part.

Non. Il croit que je suis une fille.
Ou plutôt « j’ai un physique qui correspond à celui qu’on attend d’une fille »

Je suis complètement abasourdi.
Je quitte l’activité rapidement, ma confiance en moi ayant chuté de -10 000 en un seul mot.

Damia l’expliquera lors du Conseil d’Administration de l’association durant lequel je n’étais pas présent, car vraiment très mal.
Un seul membre du CA montrera un certain mépris par rapport à l’exagération de mon ressenti.
Les autres auront l’attitude attendu de leur part. Autrement dit, il n’essaient pas de prendre un parti plus que l’autre.

 

C’était un accident qui a eu une forte conséquence assez violent sur mon moral.
Aujourd’hui j’en paie encore les conséquences.

Je ne sortirais pas de chez moi tant que je n’aurais pas un passing que j’estime à mon goût et correct.
Tout simplement parce que je n’y arrive plus.

 

En ce qui concerne mes parents, plus de nouvelles de ma mère, ni de ma grand-mère.

Je vois mon père moins souvent puisque j’ai terminé les 3000 km règlementaire pour le passage du permis. Je le vois toutes les deux semaines pour des manœuvres en attendant les rendez-vous pédagogiques et l’examen. Je ne sais pas ce qu’il en sera après.

J’ai une crainte supplémentaire : aurais-je des difficultés pour mon permis ? Au niveau de mon apparence et ce que l’inspecteur verra sur les papiers d’inscription ?
J’ai peur de ne pas obtenir le permis pour des raisons transphobes.

Et de décevoir mes parents et de ne plus les revoir.

 

Et lundi, j’ai envoyé un mail à l’équipe hospitalière de Lyon afin de savoir si je réponds à leurs critères pour y entrer. Je n’en suis pas fier, mais je suis un peu désespéré.

Voilà.

Perso | 23.02.2015 - 18 h 48 | 0 COMMENTAIRES
Né.e Dans Un Chou-Fleur

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , ,

Né.e dans un chou-fleur

 

Né.e dans un chou-fleur,
Je vis dans la douleur
De cette identité de genre assignée
Alors qu’à peine je suis né.e
À travers ce miroir, je vois
Cette personne qui n’est pas moi
Je ne suis pas ce genre qu’on m’a donné,
Je suis en dysphorie de genre*, c’est la transidentité.
Je suis à travers ce mal-être, en détresse,
Il me faut faire cette transition
Pour être en reconstruction.
Je vous appelle à l’aide et on m’agresse.
Je demande à être accepté.e,
Pas à être insulté.e**
Je suis dans l’exclusion,
Et je ne souhaite que l’acceptation.

 

Poème de Mathis

 

 

 

 

* : Etat dans lequel le corps nous est insupportable

** : donner un genre opposé à une personne qui ne s’y reconnaît pas

Perso | THS - 1er Mois | 06.02.2015 - 19 h 02 | 2 COMMENTAIRES
Nouvelle Ordonnance. Nouvelles Tout Court.

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , ,

Bon, suite à l’article précédent, je me suis renseigné sur l’Andractim, et même au bout d’un an, certain n’ont quasi aucun changement, et pire (pour moi), toujours leurs règles.

Donc ce matin, je suis allé gentiment faire ma méga prise de sang pour le caryotype, et Damia a appelé le docteur-endocrinologue-que-je-vais-finir-par-épouser et il a accepté de changer mon ordonnance entre deux consultations.

J’ai. Mes. Injections.

 

En ce qui concerne ma famille, mon père m’a appelé aujourd’hui pour me donner rendez-vous pour notre deal de conduite (oui, on deale de l’essence et des pneus si vous voulez), et je pourrais peut-être retourné à mon harmonie de temps en temps

*JOIE EXTRÊME*

Mais il me dit de n’en parler à personne de ma transidentité, il m’a expliqué : lui et ma mère ont peur.
Peur de quoi ?

Les homos se font taper. Homophobie.
Les juifs, musulmans, se font taper : discriminations religieuses, racismes.

Et je lui dit que le « passing » des FtM fait que ça se voit moins que les MtF. Il dit qu’il est d’accord avec ça, mais que (je cite) «Si deux cons passent, savent que tu es trans et je ne sais pas ce qui peut leur passer dans la tête, on ne veut pas te retrouver à l’hôpital»

 

Je comprends alors qu’ils veulent me protéger.

 

Je comprends.

 

Je pourrais peut-être alors venir le 14 février jouer dans mon harmonie pour leur concert de don, et je l’espère très fort.

Et je pourrais quand même revenir de temps en temps à l’harmonie !! Je suis TROP HEUREUX !!

Ils me manquent tous terriblement !

 

Et je vous embrasse fort.

 

l-harmonie-est-systematiquement-plebiscitee-par-le-public-photo-v-p-(clp)